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Slovaquie : un entraîneur filmé à l'insu des joueuses, un scandale qui ébranle le football féminin

L'horreur s'est abattue sur le football féminin tchèque. Petr Vlachovsky, ancien entraîneur de Slovacko, a été arrêté pour avoir filmé secrètement des joueusesdans les vestiaires pendant quatre ans, une affaire révélant une culture de l'impunité qui gangrène le sport. Kristýna Janku, victime de ces agissements, témoigne d'un choc et d'une méfiance durable.

Un secret inavouable révélé par la police

Les rumeurs circulaient, les chuchotements se multipliaient. Kristýna Janku, défenseure de Slovacko, savait qu'il se passait quelque chose, mais l'ampleur de la vérité dépassait l'entendement. Un appel de la police a brisé le silence, révélant l'existence de vidéos secrètes prises par son ancien entraîneur, Petr Vlachovsky. L'accumulation de preuves – images, conversations en ligne – a plongé les joueuses dans un état de sidération.

“J’ai dû regarder des bandes, des enregistrements, des photos, des conversations qu’il avait en ligne…”, raconte Janku. “On était choquées, on n’y croyait pas. C’était comme dans un film.” Au-delà des images intrusives, Vlachovsky était également en possession de matériel lié à l'abus sexuel sur mineurs, aggravant considérablement la gravité des faits.

Une punition dérisoire face à la douleur

Une punition dérisoire face à la douleur

Le tribunal a finalement condamné Vlachovsky à un an de prison avec sursis, assorti d'une amende et d'une interdiction de toute activité liée au football pour cinq ans. Mais la fédération tchèque n'a pas encore pris de mesures, son adhésion ayant pris fin au moment où des poursuites pénales ont été ouvertes. L'absence d'intervention de la FIFA, malgré son pouvoir de prononcer des suspensions à l'échelle mondiale, est également une source d'amertume.

Alex Phillips, secrétaire général de Fifpro, le syndicat mondial des footballeurs, tire la sonnette d'alarme : “Ce cas n'est que la pointe de l'iceberg. La majorité des victimes ne dénoncent pas les abus, les affaires ne vont nulle part. Les joueuses ne savent pas où se tourner ou ne font pas confiance aux systèmes de signalement.”

Un traumatisme durable et des questions persistantes

Un traumatisme durable et des questions persistantes

Pour Kristýna Janku, l'impact est profond. “Je regarde certaines situations différemment, avec les entraîneurs ou les membres du staff. Je suis plus prudente”, confie-t-elle. Le sentiment de confiance, autrefois acquis, est brisé. Elle a choisi de poursuivre sa carrière en Pologne, mais la perspective de croiser Vlachovsky sur un terrain d'entente est une source d'angoisse.

Le scandale tchèque résonne avec d'autres affaires similaires, comme celle en Autriche où un homme a été condamné pour avoir filmé des joueuses dans les vestiaires, les douches et la salle de sport. Ces événements soulignent une fragilité persistante dans la protection des footballeuses.

L'affaire met en lumière une réalité troublante : le manque de considération accordé aux joueuses, en particulier celles qui ne sont pas considérées comme des stars. “On a tendance à minimiser la gravité de ces agissements, à considérer qu’il ne s’agit pas de ‘vraies’ agressions”, déplore Alex Culvin, directrice du football féminin chez Fifpro. “Il faut croire les joueuses, c’est la base de tout.”

Kristýna Janku utilise sa voix pour plaider en faveur du changement. “C’est une chance de faire évoluer les choses. Cette expérience nous hantera à vie. Nous ne voulons pas que cet homme puisse revenir entraîner, même à l'étranger, et encore moins auprès de jeunes filles.”