culture

Amigorena : retour à buenos aires, entre cinéma, littérature et souvenirs

L’écrivain et réalisateur argentin Santiago Amigorena a récemment fait son retour à Buenos Aires, au cœur de l’effervescence autour du Festival de Cine Francés et de la présentation de son nouveau roman, Hay un solo amor. Un périple chargé d’émotions contradictoires, comme il l’explique avec une sincérité désarmante.

Un retour ambivalent à la terre natale

Pour Amigorena, chaque visite en Argentine est une expérience singulière. « Quand je suis en France, je me sens beaucoup plus argentin que quand je suis ici », confie-t-il. Cette dichotomie, il la décrit comme une danse subtile entre ce qui est et ce qui sera, un sentiment exacerbé par la distance géographique et les souvenirs d’une jeunesse passée.

<Em>los colores del tiempo</em> : un regard sur le passé et l’art

los colores del tiempo : un regard sur le passé et l’art

Le festival de cinéma français de Buenos Aires a été le théâtre du lancement de Los colores del tiempo, une co-écriture avec Cédric Klapisch. Ce film explore les liens familiaux, la mémoire et l’émergence de la photographie et de l’impressionnisme. Amigorena met en avant le ton ‘feelgood’ caractéristique du style de Klapisch, tout en soulignant la liberté narrative et le mélange des genres. La recherche est centrée sur la reconstruction de la famille et l'exploration de la relation entre l'art, la photographie et la réalité.

<Em>hay un solo amor</em> : une nuit au musée picasso

hay un solo amor : une nuit au musée picasso

Parallèlement, la sortie de son roman, Hay un solo amor, est l’aboutissement d’une expérience inhabituelle. « J’ai dormi là, j’ai commencé à écrire », raconte Amigorena. L’histoire, née d’une nuit passée seul au Musée Picasso de Paris, explore les thèmes de l’amour, de la peur et de la solitude à travers le prisme d'un monologue intérieur. L'idée, initialement proposée par une maison d'édition française, Alina Gurriel, a transformé un simple séjour en une œuvre littéraire. « Ce n'est pas que j'écrivais un livre après », explique-t-il avec une pointe d’humour.

L’art comme fil conducteur

Bien que l’auteur insiste sur l’importance de l’expérience humaine et des relations interpersonnelles, l’art, et notamment la peinture, occupe une place centrale dans son œuvre. Des références abondantes aux tableaux du Renaccent et aux maîtres impressionnistes illustrent son intérêt pour l'histoire de l'art et sa capacité à y intégrer des éléments narratifs complexes. « Je suis peut-être plus intéressé par Giacometti que par Picasso », admet-il, soulignant un penchant pour l'étude de l'histoire de l'art. Il affirme que l'écriture de ses romans est souvent le résultat de l'accumulation d'observations et d'expériences, une sorte de collage d'idées et d'émotions.

Un regard nuancé sur le futur

Amigorena conclut en affirmant que son rôle en tant qu'auteur et observateur est d'éclairer, de susciter la réflexion et de partager une vision du futur aussi nuancée que possible. « Il faut se souvenir que les choses sont toujours plus complexes qu’elles ne paraissent », ajoute-t-il, laissant entrevoir une œuvre profondément ancrée dans la complexité de l’existence humaine.