Foc fest : la comédie queer et poc s'empare de soho
Kemah Bob, figure montante de la scène comique britannique, est sur le point de concrétiser une vision : un festival dédié à la comédie par et pour les femmes de couleur, les personnes queer et trans. Après avoir démarré comme un simple créneau d'une heure au sein d'un festival cabaret, FOC It Up est devenu un véritable catalyseur, un espace de nurturing où les talents émergents peuvent s'épanouir.

Un espace d'inclusion authentique
L'histoire de FOC It Up est celle d'une simple constatation : "Il me fallait un espace qui soit différent, chaleureux et inclusif," explique Bob avec un sourire. Pas une inclusion artificielle, mais une ambiance où la diversité est la norme, un sentiment d'appartenance profond. L'initiative a rapidement dépassé son format initial, s'étendant à des soirées à factures mixtes, un podcast et des participations au Fringe d'Édimbourg. L'ambition est claire : offrir une scène où les voix marginalisées peuvent résonner avec force, loin des clichés et des stéréotypes.
Le FOC Fest, qui se tiendra le 18 avril au Soho Theatre, marque un tournant décisif. Une journée entière dédiée aux ateliers, masterclasses et opportunités de réseautage, culminant avec un spectacle de comédie explosif. Bob, avec son humour caractéristique, baptise l'événement : "FOC Fest ! C'est juste tellement audacieux."
Mais le festival ne s'adresse pas uniquement aux aspirants humoristes. Il s'agit d'un outil d'émancipation à part entière. "Utiliser l'humour pour se réapproprier son identité et rire de ses difficultés, c'est un atout précieux pour tous," affirme Bob. Les participants pourront bénéficier d'un masterclass de stand-up pour les personnes trans et queer, d'un atelier pour apprivoiser les émotions à travers la comédie, et de tables rondes avec des figures telles que Nana Hughes et Julia McKenzie.
Bob insiste sur l'importance de créer un espace véritablement adapté à son public cible. “Les membres du public blancs sont encouragés à vérifier leurs privilèges à l'entrée.” Il souligne que, bien que ouvert à tous, le festival est fondamentalement conçu pour les communautés qu'il souhaite soutenir. Une démarche qui, selon Bob, est souvent mal comprise. “Les gens voient encore nos voix comme une tendance,” déplore-t-elle, faisant référence à la brève période de mise en avant des talents de couleur suite à la mort de George Floyd en 2020, avant que l'attention ne s'estompe.
Malgré un parcours jalonné d'obstacles, notamment un manque de financement chronique, Bob refuse de se décourager. “Nous n'avons aucun soutien financier ; nous utilisons littéralement l'excédent de ce que nous avons gagné,” confie-t-elle, soulignant le contraste avec l'époque où de telles initiatives étaient plus valorisées par les entreprises. Pourtant, elle reste optimiste quant au potentiel de FOC Fest en tant que plateforme et mouvement.
Bob, consciente des conseils parfois erronés qu'elle reçoit, ajoute : “J'ai tellement de mauvais conseils de la part d'hommes qui n'ont jamais fait de comédie avant !” Elle rêve d'une expansion internationale pour FOC It Up, avec des artistes venus de New York, d'Inde ou de Berlin, créant ainsi un véritable échange culturel. L'ambition est claire : devenir une institution internationale, un phare pour les humoristes qui souhaitent financer leurs propres projets et une source d'inspiration pour les générations futures. Le talent est là, la soif d'expression est insatiable, et FOC Fest ne fait que commencer.
