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Allemagne : jusqu'à 60 ans, l'appel aux armes devient une réalité ?

Berlin est en ébullition. Une clause insérée dans la nouvelle loi sur le service militaire, qui pourrait obliger jusqu'à des hommes de 60 ans à reprendre du service, fait l'effet d'une bombe. Une mesure présentée comme une solution de repli en cas de pénurie de volontaires, mais qui soulève des questions légitimes sur l'avenir de la défense allemande.

Un âge limite surprenant

Un âge limite surprenant

La loi prévoit que les hommes entre 17 et 45 ans doivent obtenir l'autorisation de la Bundeswehr s'ils souhaitent séjourner à l'étranger pendant plus de trois mois. Mais l'article qui suscite le plus de réactions stipule que si la conscription, actuellement suspendue, venait à être réactivée, des hommes jusqu'à 45 ans pourraient être appelés. Et ce n'est pas tout : en cas de défense ou de situation de tension, leur service militaire pourrait s'étendre jusqu'à l'âge de 60 ans.

Les explications sont pragmatiques : le ministre de la Défense, Boris Pistorius, ambitionne de porter les effectifs actifs de 180 000 à 260 000, et de disposer de 200 000 réservistes. Si le nombre de volontaires ne suffit pas, la relance de la conscription devient une option. La loi elle-même prévoit que la conscription prend fin à la fin de l'année où l'appelé atteint l'âge de 45 ans, mais autorise un engagement jusqu'à 60 ans en cas de nécessité.

L'ironie de la situation est que cette mesure, censée renforcer la défense allemande, rappelle les réglementations de l'époque de la Guerre Froide.

Le problème est plus profond que la simple question de l'âge. La Bundeswehr peine à recruter. En 2025, elle prévoit de recruter 25 000 personnes, le nombre le plus élevé depuis la suspension de la conscription en 2011. Cependant, le taux de désistement reste alarmant, autour de 20%, ce qui rend indispensable de trouver des solutions alternatives pour atteindre les objectifs fixés.

La question qui se pose, avec une acuité nouvelle, est de savoir si l'allemagne est prête à sacrifier des libertés individuelles au nom de la sécurité nationale. La réponse, semble-t-il, pourrait bien se trouver dans les urnes, lors des prochaines élections.