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Bayern munich : le maire de munich perçu par le club, une affaire de conflits d'intérêts ?

München – Le maire de Munich, Dieter Reiter, va recevoir une rémunération du FC Bayern Munich pour son implication dans le conseil d'administration du club. Une décision qui soulève des questions, alors qu'il est déjà membre du conseil d'administration de l'une des plus grandes entreprises de Bavière.

Selon une communication officielle, cette contrepartie financière s'élève à 10 000 euros pour la moitié de l'année, à partir de la fin de 2021. Cette rémunération est liée à son appartenance au conseil d'administration du club depuis 2016. Le FC Bayern avait précédemment indiqué qu'il s'agissait d'un montant « faiblement six-chiffre » pour cette activité.

Le conseil d

Le conseil d'administration, un terrain glissant

Cette nouvelle se produit alors qu'une polémique éclate concernant l'implication de Dieter Reiter dans le conseil d'administration du Bayern. Le conseil d'administration du club est un organe de la société fermée FC Bayern München AG, distinct du conseil municipal de Munich. Reiter a été nommé en février, succédant à Edmund Stoiber, ancien ministre-président de Bavière.

L'explication de cette rémunération remonte à une décision antérieure du club. Jusqu'en 2018, le Bayern Munich fournissait des billets VIP pour les matchs à ses membres du conseil d'administration. Cette pratique a été critiquée par les autorités fiscales, qui l'avaient qualifiée de « avantages en nature » imposables. Le club a donc mis en place un nouveau système : les membres du conseil d'administration paient désormais 500 euros par billet, mais reçoivent une compensation de 20 000 euros par an, destinée à couvrir le coût des billets et les impôts correspondants.

Les critiques fusent, les conflits d'intérêts en question

Cette situation n'a pas manqué d'éveiller les critiques. Les partis Die Linke et ÖDP ont demandé des éclaircissements sur les rémunérations attendues de Reiter en tant que membre du conseil d'administration et sur les éventuels conflits d'intérêts. Le maire, fonctionnaire, est soumis à des règles plus strictes concernant les activités parallèles que les députés du Landtag. Florian Siekmann, président de Die Linke à Munich, a dénoncé le risque de pratiques passées non déclarées, rappelant que tout fonctionnaire serait sanctionné pour des retenues non autorisées.

L'affaire rappelle le cas d'Edmund Stoiber, qui avait renoncé à son poste au conseil d'administration en 2009 pour des raisons de conflit d'intérêts avec ses fonctions de ministre-président. Le club avait alors pris des mesures pour éviter toute apparence de favoritisme. Mais la question demeure : la proximité du maire avec l'un des clubs les plus riches d'Allemagne n'est-elle pas un risque pour l'intérêt général ?

La décision du maire de Munich de percevoir une rémunération du Bayern Munich est un fait. Un fait qui, au-delà des chiffres, pose la question de la transparence et de la séparation des pouvoirs.