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Israël : l'escalade de la violence contre les palestiniens, un espace juridique à l'abandon

Kusra, en Cisjordanie, est le théâtre d'une spirale de violence qui s'intensifie depuis le début du conflit israélo-iranien. Des colons israéliens, de plus en plus impunis, s'en prennent aux Palestiniens, suscitant l'indignation internationale. Les témoignages et les images révèlent une situation alarmante, où l'intervention des autorités s'avère souvent inexistante.

La brutalité des colons : des violences sans partage

Des images filmées par des témoins montrent des hommes, identifiés comme des colons extrémistes, attaquer des femmes et un homme dans le village palestinien de Kusra. Armés de barres de bois, masqués, ils les agressent sauvagement. Yael Levkovitz, l'une des femmes filmées, a subi des blessures moins graves, tandis qu'Adi Cohen a été grièvement blessée, avec des fractures multiples et une perte auditive. Elles se trouvaient là avec l’organisation «Mistaklim», dont la mission est de protéger les Palestiniens menacés par les colons. «Nous sommes venus aider des gens», affirme Yael, le visage marqué par les événements.

Depuis six semaines, une nouvelle base de colons s'est établie sur une colline surplombant Kusra, terrorisant les villages environnants. Un habitant, souhaitant rester anonyme par peur de représailles, décrit la violence quotidienne : pillages, coupures d'eau et d'électricité, intimidation nocturne. «Ils arrivent à toute heure, hurlent, frappent aux portes, lancent des pierres. Ils veulent nous chasser», témoigne-t-il. L'atmosphère est si pesante que certains habitants ont dû quitter leurs foyers.

L'impunité et l'inaction des autorités

Malgré des témoignages et des vidéos, les autorités israéliennes semblent dépassées. D'après les chiffres de l'organisation des droits de l'homme israélienne Jesh Din, plus de 93% des enquêtes policières concernant des crimes idéologiquement motivés par des Israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie se soldent par une absence de poursuites. Seuls 3% des dossiers aboutissent à une condamnation. Yael Levkovitz souligne que la police et l'armée agissent comme si de rien n'était, même si des témoins ont constaté des exactions, dont un meurtre lors d'un week-end. «Ce n'est pas du judent, c'est du terrorisme», dénonce Yair Golan, un député de gauche. Il appelle à une répression sévère de ces actes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Steffen Seibert, a exprimé sa détresse face à la violence des colons, mais aussi face aux bombardements iraniens sur Israël. Cette double tragédie souligne la fragilité de la situation et la nécessité d'une réponse internationale. La situation est préoccupante.

La violence s’étend. Les colons, encouragés par un sentiment d’impunité croissant, semblent agir avec une audace nouvelle. Les cris d’aide des populations locales se perdent dans le tumulte de l’indifférence et de l’inaction.

Le silence des institutions face à cette escalade ne fait qu’alimenter la peur et la colère. La Cisjordanie est-elle en train de sombrer dans un chaos juridique, où la justice est une illusion?