Shaun deeb : deux défaites incroyables en quelques jours à prague
Prague a été le théâtre d'une semaine noire pour Shaun Deeb, l'un des joueurs de poker les plus titrés au monde. Deux fois en l'espace de quatre jours, le joueur américain s'est retrouvé à une victoire du bracelet World Series of Poker, pour finalement s'incliner de la manière la plus improbable : face à un brelan.
L'échec retentissant au plo-mixed event
Tout avait commencé le 1er avril lors du 3.300 € PLO-Mixed Event. Deeb, huit bracelets WSOP à son actif, apparaissait comme le grand favori face au joueur allemand Frank Koopmann. Après une partie intense, il se retrouva à quelques cartes du sacre, mais un call audacieux sur un tapis de couleur – un King-High Flush – s'avéra désastreux. Koopmann, avec un brelan, venait de le contrer, mettant fin aux espoirs de Deeb.

La répétition de l'histoire au colossus tournament
Mais le destin semblait vouloir jouer avec lui. Quatre jours plus tard, lors du 565 € Colossus Tournament, Deeb refit le chemin de la finale, cette fois contre le Français Gilles Silbernagel. Là encore, il était logiquement considéré comme le joueur le plus fort. Le board affichait 6, 6, 6, 10 et Dame. Silbernagel, avec un tapis de six, poussa tous ses jetons au centre de la table. Deeb, tenant une Dame pour un Full House, ressentit un malaise profond. « Je vais perdre mon deuxième bracelet contre un brelan ? », se dit-il avant de prendre la décision de suivre, malgré un mauvais pressentiment. Le tournant final : Silbernagel montrait son brelan de six, une probabilité d'environ 0,24% de se produire. Deeb, abasourdi, venait de vivre une situation statistiquement improbable, deux fois en quelques jours.
Si Deeb repart avec la somme de 110.000 €, il reste en tête du classement Player of the Year, un classement qu'il a déjà remporté à deux reprises. Mais au-delà de l'argent, cette semaine à Prague laissera un goût amer. Le poker, parfois, est cruel, et même les plus grands joueurs peuvent être victimes de la loi des probabilités. La leçon à retenir ? Même avec une main gagnante, l'espoir peut rapidement se transformer en désillusion.