Ai : le gouvernement britannique a sous-estimé de plus de 100 fois l'impact climatique de l'intelligence artificielle
Une révélation alarmante : le gouvernement britannique a considérablement minimisé l’empreinte carbone de l’intelligence artificielle, l’augmentant d’un facteur supérieur à 100. Les centres de données alimentant cette révolution numérique pourraient générer jusqu’à 123 millions de tonnes de CO2 d’ici dix ans – soit l’équivalent des émissions de 2,7 millions de personnes. Un chiffre qui remet en question les ambitions écologiques du pays.
Une révision brutale, après un silence de rigueur
Cette nouvelle estimation remplace une précédente, discrètement effacée, qui plafonnait les émissions à un maigre 0,142 MtCO2 par an. Cette correction soudaine intervient alors que l’inquiétude grandit quant aux conséquences environnementales de l’IA, et que les appels à la réduction des émissions pour faire face à la crise climatique se font de plus en plus pressants.
« Nous n'avons que quelques années avant que notre budget carbone ne soit épuisé », tonne Patrick Galey, responsable des enquêtes au sein de Global Witness. « Gâcher le peu de marge de manœuvre dont nous disposons – alors que 750 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à l’électricité – pour soutenir les plus riches hommes de la planète dans l’amélioration de leurs bots de plagiat serait une absurdité historique que les générations futures ne pardonneront pas à leurs prédécesseurs. »

L'ia, un gouffre énergétique inattendu
Le rapport, révisant le « roadmap informatique » du gouvernement, dévoile une fourchette de 34 à 123 MtCO2 pour l'ensemble de la période 2025-2035. Une fourchette qui témoigne d’une réalité bien plus sombre que ce que le ministère de la Science, l’Innovation et la Technologie (DSIT) voulait faire croire. Une optimisation des modèles et du matériel, ainsi qu’une décarbonation accélérée du réseau électrique, seraient nécessaires pour se rapprocher de la limite inférieure.
L’enquête menée par Foxglove et Carbon Brief a mis en lumière cette sous-estimation flagrante. Tim Squirrell, à la tête de stratégie chez Foxglove, pointe du doigt la contradiction : « Le gouvernement a un engagement légal à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Or, son engouement pour un déploiement massif de centres de données, potentiellement doublant la consommation d’électricité du pays, risque de compromettre cet objectif. »
L’absence de calculs élémentaires, selon Foxglove, est proprement affligeante. Le gouvernement a choisi de ne pas commenter ces révélations.

Un investissement massif, un coût exorbitant
Cette initiative, accompagnée d'un premier investissement de 500 millions de livres sterling, vise à bâtir un écosystème informatique de classe mondiale pour l'IA au Royaume-Uni. Mais derrière cette ambition économique se cache un prix écologique potentiellement dévastateur. Il est temps d'interroger la logique de ce pari technologique, au risque de transformer l'innovation en catastrophe. La réalité, c'est que l'on se dirige vers une accélération exponentielle de la consommation énergétique, sans une adaptation équivalente de notre infrastructure.
