Abascal dénonce la "matraque" de moreno : le spectre de l'instabilité plane-t-il sur l'andalousie ?

La campagne pour les élections régionales andalouses s'enflamme, et les tensions montent entre Vox et le Parti Populaire. Santiago Abascal, leader de Vox, a fustigé ce samedi la stratégie du président de la Junta d'Andalousie et candidat du PP à la réélection, Juanma Moreno, qualifiant ses attaques contre son parti de "matraque" destinée à projeter une image d'instabilité. L'enjeu ? Consolider le pouvoir alors que Vox a déjà scellé des accords de gouvernement en Extremadura et en Aragon.

Un ton agressif et une stratégie contestée

Abascal, lors d'un rassemblement de campagne à Almería, a dénoncé ce qu'il considère comme un revirement de Moreno, qui, selon lui, se montre "comme s'il avait avalé un piment fort" depuis la formation des coalitions en Extremadura et en Aragon. Le leader de Vox a accusé Moreno d'éviter le débat sur le concept de "priorité nationale" défendu par son parti, un concept intrinsèquement lié à la gestion du flux migratoire.

“Nous ne nous soucions d'aucune critique, qu'elle vienne de politiciens, de journalistes ou de responsables religieux,” a-t-il affirmé, résolument. “Pour nous, la chose claire est que toute personne entrant illégalement en Espagne doit être rapatriée.” Le discours d'Abascal est sans ambiguïté : il prône une "remigration immédiate" pour ceux qui, selon lui, vivent en Espagne grâce aux aides sociales au détriment des citoyens espagnols.

Un programme "ambitieux" et un appel au pouvoir

Un programme "ambitieux" et un appel au pouvoir

Vox réclame un soutien populaire massif pour pouvoir mettre en œuvre son programme, qu'Abascal décrit comme "beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus contondant" que les accords conclus en Aragon et en Extremadura. Il appelle les électeurs à ne pas "voter à moitié", mais à lui confier un "grand pouvoir" pour transformer l'Andalousie. Le message est clair : Vox veut marquer un tournant radical.

Gavira promet la dérogation de la loi sur la minorité et critique les alliances européennes

Gavira promet la dérogation de la loi sur la minorité et critique les alliances européennes

Manuel Gavira, candidat de Vox à la présidence de la Junta, a également pris la parole, s'engageant à déroger, si élu, la loi sur la minorité andalouse, qu'il qualifie de "loi qui place n'importe quelle 'mena' au-dessus des jeunes andalous, ce qui est inadmissible." De plus, il a critiqué Moreno pour ses alliances avec l'Union Européenne, notamment en se montrant "à genoux avec Ursula von der Leyen". Gavira a fustigé les politiques agricoles européennes, exigeant un "adieu" au Mercosur, à la concurrence déloyale et au Pacte Vert Européen, soulignant l'importance du secteur agricole pour Almería.

Des accusations de corruption et une focalisation sur la "priorité nationale"

L’atmosphère était électrique à Almería, où Rodrigo Alonso, candidat de Vox au Parlement, a également pris la parole, accusant Moreno de ne pas avoir demandé pardon pour le scandale de corruption impliquant le PP local, la "trama Mascarillas". Il a également dénoncé le manque de contrôles sur l'étiquetage des produits agroalimentaires, soulignant que des melons importés sont vendus comme étant produits localement. Alonso a insisté sur la "priorité nationale" de Vox, appelant à donner la priorité aux Andalous pour l'accès au logement et aux aides sociales.

Juanjo Bosquet, président provincial de Vox, a exhorté les militants à redoubler d'efforts pour porter le message de Vox à chaque foyer et à chaque coin de l'Andalousie, afin de "balayer les politiques socialistes qui sont également gérées par Moreno Bonilla". Le vent semble tourner en Andalousie, et la bataille pour le pouvoir s'annonce serrée. L'avenir dira si Vox parviendra à concrétiser ses ambitions et à renverser la tendance.