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Asturies : la répression s'abat sur les agriculteurs contestataires

Une tempête gronde dans les Asturies. L'organisation Asturias Ganadera accuse la déléguée du gouvernement, Adriana Lastra, d'avoir orchestré une « manœuvre politique répressive » à l'encontre des agriculteurs ayant protesté contre l'accord UE-Mercosur fin janvier. Une accusation grave, qui soulève des questions sur les limites de l'action publique face à la contestation sociale.

Des identifications ciblées, une atmosphère de suspicion

Des identifications ciblées, une atmosphère de suspicion

Selon Asturias Ganadera, la délégation du gouvernement a ordonné, « de manière expresse », l'identification des manifestants. Les forces de sécurité auraient été instruites pour « identifier le plus grand nombre possible de participants », allant jusqu'à effectuer des contrôles de papiers dans des établissements de restauration après les manifestations. Un procédé qui, selon le porte-parole Xuan Valladares, rappelle « une manœuvre digne de la dictature franquiste », dénonçant une attitude « antidémocratique » de la part d'Adriana Lastra.

Devant la délégation du gouvernement à Oviedo, une concentration de ganaderos a exprimé sa colère, dénonçant une hypocrisie gouvernementale, pointant du doigt le silence actuel contrastant avec le soutien affiché lors de mobilisations antérieures contre le traité. La pression monte sur les élus de la Junta General del Principado, notamment Covadonga Tomé et Ovidio Zapico, dont le silence est perçu comme une complicité.

L'enjeu dépasse la simple question des sanctions. Les agriculteurs exigent que les organisations syndicales prenne en charge les frais de défense juridique des personnes sanctionnées et appellent à une solidarité de tout le secteur. Javier García, agriculteur de Llanera, insiste sur le fait que la présentation du « Pacte pour le Milieu Rural » à Bruxelles doit être reportée tant que les sanctions à l'encontre des manifestants ne sont pas levées.

Le président du Principado, Adrián Barbón, est accusé de « faire la promotion » d'un pacte dont les bénéfices sont éclipsés par la persistance de ces mesures punitives. L'amertume se fait sentir, en particulier parmi les anciens électeurs socialistes, qui menacent de sanction le parti aux prochaines élections. La fracture s'élargit entre les promesses et la réalité sur le terrain. La subsidiarité, ce concept cher aux défenseurs du monde rural, semble ici s'effacer au profit d'une centralisation perçue comme punitive.

Alors que les tensions restent vives, seul le temps dira si le gouvernement régional saura répondre aux préoccupations légitimes des agriculteurs et apaiser la colère grandissante qui menace le paysage politique asturien. La question n'est plus seulement de savoir si les sanctions seront levées, mais aussi si l'on peut encore faire confiance entre le pouvoir et ceux qui travaillent la terre.