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Bitcoin s'affole : le spectre d'une guerre resserre les marchés

La flambée du bitcoin, dépassant les 70 000 dollars pour la première fois depuis des semaines, n'est pas le fruit d'un optimisme béat. Elle est alimentée par la peur, la volatilité et un court-circuit boursier orchestré par un espoir fragile : une trêve dans le conflit américano-iranien. Un espoir, il faut le souligner, qui s'effrite déjà.

Un accord de islamabad précaire

L'annonce d'un accord de paix potentiel, baptisé Accord de Islamabad et négocié sous l'égide du Pakistan, de l'Égypte et de la Turquie, a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. La réouverture du détroit d'Ormuz, point névralgique du commerce mondial de pétrole, était la clé de voûte de cette proposition. L'information, relayée par Axios, a déclenché un véritable exode des positions courtes sur le bitcoin, plus de 270 millions de dollars ayant été liquidés en 24 heures. Diana Pires, de sFOX, a observé avec justesse : « Le sentiment était fortement orienté vers le pessimisme, et l’intérêt pour les ventes à découvert s'était accumulé. Une fois les nouvelles du cessez-le-feu diffusées, il a fallu se dépêcher de se défaire de ces positions. »

Tehran récuse et trump fixe un ultimatum

Tehran récuse et trump fixe un ultimatum

Mais l'euphorie a été de courte durée. Teheran a catégoriquement rejeté les termes de l'accord, exigeant un cessez-le-feu permanent et non une simple pause, ainsi que des garanties de passage sécurisé pour ses pétroliers. Le président Trump, fidèle à sa rhétorique incendiaire, a fixé un ultimatum : mardi à 20h00, heure de Washington, sous peine de frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes. Un calendrier qui condense la tension et pourrait bien relancer la volatilité.

Les marchés d

Les marchés d'options se terrent, les investisseurs institutionnels divisés

L'incertitude plane. Les marchés d'options, eux, se montrent prudents, avec un intérêt majeur pour les positions à 60 000 dollars, servant de couverture en cas de repli brutal. Les flux institutionnels offrent un tableau contrasté. Si certains fonds cotés en bitcoin ont enregistré des entrées nettes la semaine dernière, d'autres ont vu des sorties massives. L'acquisition massive de 4 871 bitcoins par Strategy, pour 329,9 millions de dollars, témoigne d'une confiance, mais ne suffit pas à apaiser les craintes. Le lancement d'un fonds coté sur le bitcoin physique par Morgan Stanley, le 8 avril, représente une étape importante, mais ne garantit pas une stabilité.

Un rebond fragile, un futur incertain

Robert Pavlik, de Dakota Wealth, le souligne à juste titre : « Tant qu'il n'y aura pas d'accord concret, il sera difficile de s'engager à investir. » Derek Lim, de Caladan, qualifie la montée en puissance de “short squeeze de livre”, un mécanisme artificiel qui pourrait s'épuiser rapidement si les négociations autour du détroit d'Ormuz ne débloquent pas. Selon Polymarket, la probabilité d'un cessez-le-feu avant le 30 avril s'établit à seulement 28%, un chiffre qui illustre l'ampleur des défis à surmonter. Le mardi soir sera décisif, et le marché attendra le verdict de Trump avec une anxiété palpable. La volatilité, elle, devrait rester de mise.