Buenos aires : le gouvernement argentin officialise la privatisation d'aysa
Buenos Aires s'apprête à basculer. Le gouvernement de Javier Milei a officialisé ce mardi une nouvelle convention de concession pour la distribution d'eau, marquant un tournant majeur dans la stratégie de privatisation du pays. Un geste audacieux, non sans susciter des interrogations.
Une transformation « fondationnelle » selon milei
La décision, publiée au Journal Officiel, vise à transformer, selon le locuteur, « un service qui dessert plus de 14 millions d'habitants dans la région de Buenos Aires » d’une manière radicale. L'objectif affiché : une gestion plus efficiente, moins tributaire des subventions publiques et plus réactive aux besoins croissants d’une population en expansion. Il s’agit d’une démarche qui, en théorie, devrait injecter de la discipline et de la rentabilité dans un secteur longtemps gangrené par l'inefficacité et les pertes.

Un contrat de concession révisé
Le texte stipule que cette nouvelle convention, bien que précédant la vente du paquet actionnarial, établit des obligations et des droits clairs pour l’État et l’opérateur privé. L'idée est de créer un cadre juridique stable, indispensable pour attirer les investissements nécessaires à la modernisation du réseau et à l'extension de la couverture. Un pari risqué, certes, mais jugé indispensable par Milei pour amorcer la refonte de l'économie argentine.
Une cession progressive
Le gouvernement prévoit la vente d'au moins 51 % des parts à un « opérateur stratégique », avec une possible introduction en bourse des 49 % restants. Le contrat lui-même prévoit une durée de 30 ans, avec une possibilité de renouvellement de dix ans. La phase de transition, qui s'annonce complexe, verra AySA se conformer à un plan d'action pour saner ses finances et optimiser sa gestion, avant le début du « Premier Cycle Tarifaire » en 2027. La rentabilité, c’est la priorité absolue.
Deux étapes, un horizon à long terme
Le processus est structuré en deux étapes distinctes. La première, s'étendant sur 2024-2026, vise à corriger les failles structurelles de la société. La seconde, de 2027 à 2031, verra l'entrée en vigueur d'un modèle tarifaire privé, sous le contrôle d'un opérateur extérieur. Ce n’est pas une simple vente, mais une restructuration profonde.
L'état conserve le contrôle
Bien que le gouvernement ait officialisé le début de la privatisation, il conserve une participation majoritaire de 90% dans l'entreprise. L’Agence de Transformation des Entreprises Publiques lancera prochainement un appel d’offres international pour sélectionner l’opérateur qui prendra le relais. L’avenir de l’eau à Buenos Aires, c'est une question de pouvoir.
