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Café colombien : la bataille des narrations s'intensifie

La querelle entre le président colombien Gustavo Petro et la Fédération Nationale des Cafétiers (FNC) éclate au grand jour, mettant en lumière des divergences profondes sur l'état de l'industrie caféière colombienne. Le débat, nourri d'accusations et de contre-accusations, soulève des questions cruciales sur l'avenir d'une tradition nationale et l'impact du changement climatique sur une filière essentielle à l'économie du pays.

Les accusations explosives du président petro

Gustavo Petro a lancé une attaque virulente contre la FNC et son ancien ministre des Finances, José Antonio Ocampo, accusant la fédération d'être « manipulée par des élites » et de nier la crise climatique. Il a également dénoncé le vol présumé de la marque Juan Valdez, affirmant que les familles d'agriculteurs sont les véritables moteurs de l'industrie, et que le café colombien n'est qu'un « édulcorant » pour les mélanges de qualité inférieure vendus en gros à l’Asie et au Brésil. Un discours incendiaire qui a immédiatement enflammé la toile et les débats politiques.

La riposte ferme de germán bahamón

La riposte ferme de germán bahamón

Germán Bahamón, directeur de la FNC, a répondu avec fermeté aux accusations du président. « En Colombie, le café ne se maintient pas avec des récits, mais avec des faits », a-t-il déclaré, soulignant la décennie d'investissement en science, d'institutionnalisation et d'exécution qui a permis à la caficulture colombienne de devenir une référence mondiale. Il a rappelé les efforts considérables déployés lors de la crise de 2008, qui ont conduit à la rénovation massive du parc cafetière avec des variétés résistantes.

Bahamón a insisté sur le fait que la Colombie est le seul pays au monde à disposer de plus de 90 % de ses surfaces cultivées en variétés résistantes à la rouille et résilientes au changement climatique. Il a annoncé le lancement, en 2027, d'une nouvelle variété issue de plusieurs années de recherche, destinée à récupérer la « frontière cafetière » et à créer un « corridor vert productif » couvrant 842 000 hectares, agissant à la fois comme puits de carbone et comme rempart contre les économies illégales.

L'économie réelle du café : un moteur pour les familles

Le directeur de la FNC a également mis en avant l'impact économique du café, estimé à près de 22 billions de pesos, qui bénéficient directement aux familles d'agriculteurs. Il a souligné le rôle essentiel de la FNC dans la protection des producteurs, même dans les moments les plus difficiles, grâce à des mécanismes tels que la garantie d'achat et le système coopératif.

« Grâce à ce travail, le Café de Colombie est aujourd'hui le seul produit agricole avec une marque pays consolidée », a affirmé Bahamón. « Il ne s'agit pas de discours, mais de résultats. Exportations de café vert à valeur ajoutée, café torréfié et café soluble lyophilisé ; présence dans des marchés stratégiques ; construction de valeur grâce à la certification d’origine à travers des initiatives comme Juan Valdez… »

Enfin, Bahamón a rappelé les 20 ans de présence réussie du café colombien sur le marché chinois, où la FNC est un acteur majeur, administrant le FoNC et réalisant 46 % des exportations vers ce pays en 2025. « En Chine, la présence n’est pas une aspiration, c’est une réalité », a-t-il conclu, soulignant que « le café, en Colombie, n’est pas une affaire de paroles, mais d’actions ».