Chute en picole : le tourisme colombien s'effondre, un signal d'alarme criant

Un plongeon brutal : en 2025, la Colombie a subi une chute vertigineuse de 15,4 % des arrivées de touristes non résidents, un revers fulgurant qui secoue l'hôtellerie et les industries liées.

Un secteur en crise, une compétition internationale accrue

Alors que le tourisme mondial poursuit son essor et que de nombreuses régions enregistrent des chiffres d'arrivées en hausse, la Colombie s'est enfoncée dans une spirale descendante. La Convention du Secteur de l'Hébergement, qui s'est tenue à Quindío, a révélé une urgence palpable : le pays a perdu son cap face à ses concurrents internationaux, notamment en Amérique du Sud et en Europe. La croissance globale du tourisme s'élève à 4 %, contre un recul de compétitivité de la Colombie, attesté par Cotelco.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 1,1 million de voyageurs en moins en 2025, soit un total de 5,9 millions de visiteurs. Un fléchissement préoccupant, surtout pour les Colombiens résidant à l'étranger, dont le tourisme non résident a chuté de 56,6 % – un indicateur alarmant de la fragilité de ce marché.

Des mesures urgentes, une bataille pour la survie

Des mesures urgentes, une bataille pour la survie

José Duarte, président de Cotelco, a souligné le caractère exceptionnel de cette situation, soulignant la nécessité d'une action immédiate. L'essor du tourisme étranger (4,7 %) contraste violemment avec ce déclin généralisé, révélant une segmentation du marché et l’émergence de niches plus résilientes. Mais cette dynamique ne saurait masquer la nécessité d'une refonte profonde du modèle économique.

La proposition d'un IVA différentiel de 5 % pour le secteur hôtelier, remise en avant par Cotelco, est loin d'être une simple requête. Elle vise à contrer l'économie souterraine, à stimuler le tourisme intérieur et à harmoniser la concurrence. L'absence d'IVA pour de nombreux établissements informels, offrant des prix jusqu'à 19 % inférieurs, crée une asymétrie délétère.

Coûts croissants et pression sociale

Coûts croissants et pression sociale

Les augmentations des coûts salariaux, liées aux récents changements du Code du Travail, à l'augmentation du salaire minimum et à la réduction de la journée de travail à 42 heures, représentent un frein majeur. Ces ajustements, qui impactent directement la rentabilité des hôtels et les emplois, exigent une vigilance accrue. Un nouveau recul du salaire minimum pourrait amplifier ces pressions inflationnistes.

Enfin, la question de l'énergie reste une source de tension. La surtaxe de 20 % sur l'électricité, imposée aux hôtels formels, est perçue comme excessive, en contradiction avec le statut industriel de ce secteur. De nouveaux frais supplémentaires, combinés à la hausse des coûts, mettent en péril la viabilité de nombreux établissements.

La formalisation, un impératif pour la relance

Cotelco défend le nouveau décret de régulation nationale du tourisme, saluant une mesure essentielle pour la formalisation et répondant à une demande persistante des régions. Bien que contestée par les plateformes de logement comme Booking et Airbnb, cette réglementation vise à garantir des normes de qualité, de sécurité et de durabilité. Il est crucial de ne pas sacrifier l’avenir du secteur sur l’autel de la dérégulation.

Le message est clair : le tourisme intérieur est également en contraction et nécessite des stimuli immédiats. La Colombie doit privilégier une approche pragmatique, axée sur la réduction des coûts, la légalité et la reconquête de sa compétitivité. Il ne s’agit pas d’une simple tendance, mais d'une urgence économique et sociale.