Colombie : david luna dénonce un possible espionnage illégal de l'opposition
Bogota, Colombie – L’ex-congresiste David Luna a lancé une offensive frontale contre les services de renseignement colombiens, exigeant des comptes à la Direction Nationale de l’Intelligence (DNI) et à l’Unité Nationale de Protection (UNP). L’accusation ? Une opération secrète, baptisée “Grèce”, visant à intercepter illégalement les communications de l'opposition politique, incluant lui-même.
Une requête formelle au cœur de la crise
Luna a déposé une demande officielle, invoquant le droit de pétition constitutionnel, pour obtenir des éclaircissements précis sur l’existence, les motivations et le cadre légal de cette prétendue “opération Grèce”. Il réclame notamment des informations sur le partage potentiel de données personnelles entre la DNI et l’UNP, des transferts qui pourraient compromettre des droits fondamentaux tels que la vie privée et le respect de la vie privée.
Le ton est clair : Luna ne se contente pas de demander des informations, il exige des garanties. Il souligne que le secret défense ne saurait justifier le silence face à des allégations de surveillance illégale, particulièrement lorsque celles-ci affectent des droits constitutionnels.

Des soupçons alimentés par le contexte politique
L'ex-candidat à la présidence exprime sa profonde préoccupation quant à l'impact de ces actions sur sa dignité humaine, soulignant l'absence de notification ou de justification claire concernant un éventuel suivi de ses activités. Il rappelle que la loi colombienne exige une utilisation stricte des informations de renseignement, interdisant leur obtention à des fins non définies par la loi. La jurisprudence de la Cour Constitutionnelle renforce ce principe, exigeant que les actions des services de renseignement respectent les libertés publiques.
Luna n'hésite pas à souligner le caractère hypocrite de la situation. “Le président Petro dénonce publiquement l'existence de rapports de renseignement sur ses adversaires et son ancien directeur de renseignement est en fuite face à la justice”, a-t-il affirmé sur X. Une pique directe à l'actuel pouvoir, accusé d'adopter les mêmes méthodes que celles qu'il critiquait autrefois.

Une enquête exhaustive demandée
La requête de Luna est précise et exhaustive. Il demande à la DNI de confirmer ou d’infirmer l’existence de “Grèce”, de détailler les bases légales, les objectifs et les responsables de l’opération. Il exige également de savoir si son nom a été soumis à un suivi, à une analyse ou à un traitement de données. Enfin, il sollicite des informations sur d’éventuels transferts de données personnelles vers l’UNP, avec indication des dates, des justifications légales et du type de données transmises. L'UNP est également sollicitée pour confirmer la réception d'informations concernant Luna.
Le message est clair : la transparence et le respect de la légalité sont essentiels pour restaurer la confiance dans les institutions. Luna insiste pour une réponse rapide et détaillée, refusant toute excuse basée sur le secret pour dissimuler de potentiels abus de pouvoir. “C'est un abus de pouvoir identique à celui que Petro dénonçait lorsqu'il était congresiste, mais qu'il exerce désormais lui-même.”