Colombie et venezuela : des terres de répression et de violence où défendre les droits humains est un suicide
Bogota, 21 avril. Une alerte alarmante : Amnesty International dénonce la situation critique des droits humains en Colombie et au Venezuela, deux pays considérés comme parmi les plus dangereux au monde pour ceux qui se battent pour la défense de ces droits.
Un conflit armé sans fin en colombie, une répression étatique implacable au venezuela
L’organisation internationale estime que la Colombie demeure un foyer de violence, exacerbée par le conflit armé historique, tandis que le Venezuela est confronté à un schéma de répression de l’État qui restreint sévèrement la liberté d’expression et d’association. Le gouvernement de Gustavo Petro, avec sa politique de « paix totale », suscite des inquiétudes quant à la garantie de la vérité, de la justice, de la réparation et de la non-répétition pour les victimes, des garanties qui, selon Amnesty, restent floues pour 2025.
La stratégie de Petro, qui consiste à négocier avec les groupes armés illégaux – l’ELN, les anciens FARC, le Clan du Golfe – soulève des questions. Amnesty met en lumière une intensification de l’usage de la force létale dans la région, avec une augmentation alarmante des assassinats de défenseurs des droits humains. Plus d’un cinquième de la population colombienne, près de neuf millions de personnes, sont touchées par ce conflit, et des milliers de nouveaux victimes ont été enregistrées en 2025, principalement parmi les populations campesines, indigènes et afro-colombiennes.

La communauté internationale ne peut rester indifférente
Face à cette crise humanitaire et des droits de l’homme, qui se traduit par des déplacements forcés massifs et un accès limité aux soins de santé et à l’éducation pour des millions d’enfants, Amnesty International appelle à une action urgente de la communauté internationale. Le programme « Défenseurs en Danger » a enregistré 165 assassinats de défenseurs des droits humains en Colombie en 2025, une année marquée par une violence sans précédent. La situation est d’autant plus préoccupante au Venezuela, où les detentions arbitraires, les attaques contre les journalistes et la persécution des défenseurs des droits humains persistent malgré l’intervention américaine de janvier. La disparition forcée et l’usage instrumental du système judiciaire sont les principaux mécanismes de violation des droits humains.
Un appel à la responsabilité et à la justice
Amnistie International exhorte les autorités colombiennes et vénézuéliennes à prendre des mesures concrètes pour garantir la sécurité des défenseurs des droits humains et à traduire les responsables de violations en justice. L’organisation a documenté une attaque particulièrement violente contre Yendri Velázquez, un défenseur vénézuélien, qui a été contraint de fuir le pays après avoir été victime d'une arrestation arbitraire et d'une tentative d'assassinat. Il est crucial que la communauté internationale ne ferme pas les yeux sur cette crise complexe et persistante.
