Colombie et venezuela : les paradis américains du désespoir, selon amnistie internationale
Bogotá, alertée par une réalité glaçante, Amnistie Internationale a dénoncé ce mardi la Colombie et le Venezuela comme les deux pays les plus dangereux au monde pour défendre les droits humains. Un constat lugubre qui souligne une spirale de violence et de répression qui s'enracinent profondément.
Un conflit armé sans fin en colombie, une répression étatique impitoyable au venezuela
Le rapport d’Amnistie Internationale peint un tableau sombre : en Colombie, le conflit armé persiste, alimenté par une violence endémique et alimentée par des groupes armés illégaux. Mais c’est au Venezuela que la situation est jugée particulièrement préoccupante, avec un modèle de répression étatique qui restreint sévèrement l'espace civique et menace les libertés fondamentales. La politique de « paix totale » du gouvernement Petro, bien que prometteuse, peine à traduire les crimes passés et à garantir des garanties de vérité, justice, réparation et non-répétition pour les victimes, une situation qui, selon AI, restera non résolue d’ici 2025.
L’organisation souligne une inquiétude grandissante concernant l’élaboration d'une politique de « paix totale » qui, loin de résoudre les tensions, risque de renforcer l'usage de la force létale par les autorités. La subdirectrice de recherche de l'office régional d'Amnistie Internationale, Valentina Ballesta, a exprimé son inquiétude face à cette tendance, soulignant que plus d'un million de Colombiens – soit une cinquième partie de la population – sont les victimes de ce conflit. Les populations les plus vulnérables, les campesinos, les Indiens et les Afro-Colombien, subissent des conséquences dévastatrices : déplacements forcés, accès limité aux soins de santé et à l'éducation.

165 Assassinats, une crise humanitaire près de l'épuisement
Le chiffre alarmant de 165 assassinats de défenseurs des droits humains en 2024 est un indicateur saisissant de la gravité de la situation en Colombie. Amnistie Internationale appelle à une action urgente pour protéger ces figures essentielles de la société civile, confrontées à des menaces constantes. La directrice d'Amnistie Internationale pour le Venezuela, Nastassja Rojas, insiste sur le caractère unique de la situation vénézuélienne, une violation systématique des droits humains perpétrée par les forces de sécurité, le système judiciaire et le gouvernement, avec des arrestations arbitraires et des disparitions forcées qui persistent en 2026.
Plus de 800 personnes sont détenues de manière illégale, et 63 personnes restent introuvables. Le rapport dénonce également des attaques contre les journalistes, des arrestations de manifestants et une persécution systématique des défenseurs des droits humains, une chaîne d'événements qui affecte l'ensemble de la société. La situation est si critique que la communauté internationale doit agir, sans délai. La réponse à cette crise humanitaire est une nécessité absolue.
