Colombiens bloqués au congo : une expulsion sanitaire et un refus d'asile

Six jours après l'arrivée d'un vol américain transportant 16 migrants expulsés, dont une forte proportion de Colombiens, la situation est loin d'être réglée. L'envoi de ces individus par la République Démocratique du Congo, sous la pression des États-Unis, révèle des failles alarmantes dans la gestion des flux migratoires et soulève de sérieuses questions éthiques.

Un parcours chaotique et traumatisant

Un parcours chaotique et traumatisant

Jorge Cubillos, l'un des Colombiens concernés, relate un expédition terrifiant : plus de 25 heures passées cloué au sol, attaché, dans l'attente d'une destination inconnue. « C'était horrible, accablant », confie-t-il à la BBC. Cette expérience, couplée à des allégations de maltraitance et de conditions de détention inhumaines, est confirmée par d'autres migrants, comme une femme ayant passé plus de 13 mois dans un centre de détention en Arizona.

L'administration Trump accuse de facto le gouvernement congolais de faciliter un flux migratoire illégal. Cependant, Hubert Tshiswaka, directeur de l'Institut de Recherche sur les Droits de l'Homme au Congo, dénonce l'absence de justification légale pour cette opération, soulignant que les migrants n’ont commis aucun acte répréhensible sur le territoire américain.

Plusieurs Colombiens, arrivés au Congo avec une visa de sept jours, demandent désormais l'aide du gouvernement colombien, évoquant le manque de ressources financières pour retourner en colombie, mais aussi des menaces qui les ont contraints à quitter leur pays. La perspective d'un asile congolais est présentée par les Américains comme risquée, en raison du conflit interne persistant dans le pays.

La situation est d'autant plus préoccupante que les migrants dénoncent des pratiques douteuses, telles que le maintien en détention prolongée malgré la possession de permis de travail et de procédures de régularisation en cours. La vicenda de cette femme, ayant passé des semaines dans un centre de détention à Eloy, est un exemple flagrant de cette injustice.

Le gouvernement congolais, tout en affirmant sa volonté d'accueillir ces migrants, déclame à l'unisson les recommandations américaines, dissuadant toute demande d'asile. Cette position, loin d'être réjouissante, est perçue par certains comme une inaction face aux besoins fondamentaux des réfugiés.

Un nouveau vol, prévu pour la première semaine de mai, pourrait transporter d'autres migrants vers le Congo. La situation reste donc fragile et appelle à une réponse humanitaire urgente et à une remise en question des politiques migratoires en vigueur, tant au niveau américain qu'au niveau congolais.