Ecuador : glas, le combat continue malgré le refus du juge
Jorge Glas, l’ex-vice-président équatorien, continue de lutter depuis sa cellule de la prison de El Encanto, mais son recours visant à obtenir une amélioration de son régime alimentaire et une attention médicale spécialisée a été rejeté ce samedi par un juge. Une décision qui souligne la complexité de la situation juridique et sanitaire de l’homme politique, pris au piège d’une justice controversée.
Une perte de poids alarmante, selon la défense
L'avocat de Glas a alerté sur une « perte de poids accélérée », imputée à un apport insuffisant en nourriture et à l'absence de compléments alimentaires réguliers. Il a dénoncé une situation assimilable à de la torture, avec son client se plaignant de faim constante. « Je me réveille avec faim, passe l'après-midi avec faim et me couche avec faim. Et la preuve de ma faim, ce sont 30 livres de moins », a-t-il affirmé, soulignant le caractère alarmant de cette perte de poids.

El encanto : une prison inspirée par bukele
Glas est détenu à El Encanto, une prison de haute sécurité construite sur l'initiative du président Daniel Noboa. Cette structure, inspirée du modèle carcéral de Nayib Bukele au Salvador, est censée incarner une réponse ferme à la criminalité, mais elle suscite également des inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux des détenus. L'ex-vice-président purge une peine de 20 ans de prison pour corruption, une affaire qui a polarisé la société équatorienne.
Une attention médicale contestée
Le ministère de la Santé affirme que Glas a bénéficié de 79 interventions médicales depuis son arrivée à El Encanto en novembre dernier, ainsi que de la distribution régulière de ses médicaments. Le service national des prisons a également précisé que l'ex-vice-président bénéficie d'un « régime différencié, spécialement conçu pour son état de santé », incluant des boissons chaudes, des protéines, des soupes et des salades. Cependant, la défense conteste la pertinence et la suffisance de cette attention.
Intervention de la cour interaméricaine des droits de l'homme
La «diète spéciale» de Glas a été signalée à la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), qui a émis des mesures de protection en novembre dernier, ordonnant à l'État équatorien de garantir sa santé physique et mentale. Le juge a estimé que les droits à la vie, à la santé et à l'intégrité n'avaient pas été violés, tout en exhortant les autorités à maintenir des normes de qualité pour l'attention nutritionnelle et médicale, et à garantir un accès régulier aux médicaments et aux compléments alimentaires.
L'affaire Glas s'inscrit dans un contexte politique tendu en Équateur, marqué par l'assaut de la police sur l'ambassade du Mexique à Quito et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. La question des droits des détenus dans le cadre de la lutte contre la criminalité reste un enjeu majeur.
La décision de justice, bien que rejetant le recours de Glas, souligne la nécessité d'une surveillance accrue des conditions de détention et d'une garantie du respect des droits fondamentaux, même pour les personnes condamnées. L'affaire met en lumière les contradictions d'un système judiciaire en quête d'efficacité, mais confronté à la complexité de concilier sécurité et droits de l'homme.