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Eh bildu affiche sa force : vers une république basque ?

Pamplona a vibré dimanche au rythme des chants souverainistes. Des milliers de personnes ont convergé vers le parc Antoniutti pour la célébration du Aberri Eguna, un rassemblement qui démontre la capacité de mobilisation renouvelée d'EH Bildu et dessine, avec une clarté nouvelle, ses ambitions politiques.

Un test de force réussi

Loin d'être une simple commémoration, l'Aberri Eguna s'est révélé être un baromètre politique éclairant. La participation massive à Pamplona, bien au-delà des attentes, conforte la position de la coalition au sein du paysage nationaliste et souligne son influence croissante dans le débat territorial. L'ambiance, empreinte d'une identité revendiquée et d'une volonté affichée de normalisation politique, contrastait avec les tensions habituelles.

Otegi : une stratégie patiente, une vision à long terme

Otegi : une stratégie patiente, une vision à long terme

Au cœur de cet événement, Arnaldo Otegi, figure emblématique du mouvement abertzale, a esquissé une feuille de route pragmatique. Il a plaidé pour un “pas qualitatif” dans la discussion sur le statut politique de l'Euskal Herria, mais a insisté sur la nécessité d'une approche “tranquille” et “stratégique à long terme”. Finis les appels à la rupture immédiate, place à une accumulation progressive de forces, une construction patiente de majorités.

Otegi a utilisé une métaphore saisissante pour illustrer cette approche : l'ascension d'une montagne. Chaque étape, chaque “camp de base”, doit être consolidée avant de pouvoir viser le sommet, c'est-à-dire la construction d'une “République Basque”. Une République non seulement institutionnelle, mais aussi et surtout, un projet de société : “laïque, féministe, socialiste et démocratique”.

L'économie et la justice sociale au centre du projet. Otegi a mis en avant les politiques économiques et sociales, insistant sur l'accès à l'éducation, à la santé et au logement. Il a souligné la nécessité d'un partage équitable de la richesse, s'adressant ainsi à un électorat plus large que le traditionnel nationaliste. “Nous aspirons à un pays juste et honnête, où chacun peut vivre une vie digne et en sécurité”, a-t-il affirmé.

La mobilisation du Aberri Eguna s'est conjuguée à une autre revendication : le retour du “Guernica” à Euskadi, réclamé par le lehendakari Imanol Pradales. Un symbole fort, incarnant la mémoire du bombardement et l'attachement à l'identité basque.

L'heure est à la consolidation. EH Bildu ne court pas après l'immédiateté, mais s'arme de patience et de stratégie pour façonner l'avenir politique de l'Euskal Herria. La voie est longue, mais le chemin, semble-t-il, est tracé.