Équateur : 'topo', bras droit de los choneros, refuse l'extradition
Quito, 6 avril – Le réseau tentaculaire du crime organisé ébranle l'Équateur. Darío Javier Peñafiel Nieto, alias 'Topo', figure centrale de Los Choneros, le cartel le plus ancien du pays, a catégoriquement rejeté, hier, son extradition vers les États-Unis. Un refus qui complique davantage la situation d'un pays déjà en proie à une spirale de violence et à l'impunité.
Le chef de guerre se retranche derrière les droits humains
‘Topo’, arrêté en septembre dernier dans la province amazonienne de Napo pour trafic d’armes, croupit actuellement à la Célula de Máxima Seguridad del Encuentro, une prison de haute sécurité inspirée du modèle salvadorien de Nayib Bukele, et construite sur l'initiative du président Daniel Noboa. Un lieu censé isoler les leaders des cartels, mais qui semble, pour l'instant, impuissant à empêcher leurs manœuvres juridiques. Lors de l'audience d'hier, son avocat a invoqué le droit international, arguant que les garanties nécessaires pour protéger les droits humains de son client n'avaient pas été présentées. La crainte d'une torture ou d'une peine de mort aux États-Unis constitue un argument majeur dans cette défense.
Mais l'affaire dépasse largement la question de la protection des droits individuels. ‘Topo’ est le chef de file de Los Fatales, une faction des Choneros étroitement liée au Cartel de Sinaloa, désormais désigné comme organisation “terroriste” par Washington. Homme de confiance de José Adolfo Macías Villamar, alias ‘Fito’, extradé vers New York en juillet, ‘Topo’ incarnait l'incarnation de la puissance et de l'influence des cartels équatoriens. Son refus d'extradition renforce la présence de ce réseau criminel sur le sol équatorien, et compromet les efforts du gouvernement pour affaiblir le pouvoir des gangs.

Un état en guerre contre lui-même
L'Équateur est plongé dans un état de “conflicto armado interno” depuis que le président Noboa a déclaré la guerre aux cartels en décembre dernier. Une escalade de violence qui a conduit à un bilan macabre : 9 252 homicides en 2024, un record historique pour ce pays andin. L’implication de ‘Topo’ dans le meurtre d’un policier en 2024, ainsi que ses antécédents de détention pour association illicite, enlèvement et extorsion, témoignent de la complexité et de l'insidiosité de la criminalité organisée.
Le ministre de l'Intérieur, John Reimberg, a également révélé des liens entre ‘Topo’ et le Frente Carolina Ramírez, une dissidente des FARC colombiennes. La situation est critique. L’Équateur, autrefois perçu comme un havre de paix dans une région tumultueuse, est désormais le théâtre d’une guerre larvée, dont ‘Topo’ et son réseau criminel sont des acteurs majeurs. La décision finale du juge Marco Rodríguez, attendue dans les prochains jours, aura un impact considérable sur la lutte contre le crime organisé et la stabilité du pays.