Imanol pradales : le pays basque réclame plus d'autonomie, face à l'incertitude
Bilbao a vibré ce dimanche au rythme d'un Aberri Eguna chargé de tension et d'ambition. Imanol Pradales, le Lehendakari, a lancé un défi direct à ses partenaires potentiels, soulignant la nécessité d'une vision claire concernant l'avenir du Pays Basque et son degré d'autonomie.
Un appel à la clarté pour le pse-ee
Pradales n'a pas hésité à pointer du doigt le PSE-EE, le parti socialiste basque, en les invitant à se prononcer sans équivoque sur leur volonté de poursuivre le chemin de l'autonomie et de la prise de décision pour Euskadi. « Si ce n'est pas leur souhait, qu'ils le disent clairement », a-t-il asséné, laissant planer l'ombre d'une divergence stratégique au sein du paysage politique basque. Une manière polie, mais ferme, de placer le PSE-EE devant ses responsabilités.

Eh bildu : des paroles et des actes ?
L'appel de Pradales à EH Bildu était tout aussi percutant. Il a interrogé les militants d'EH Bildu sur leur engagement réel envers la nation basque, les exhortant à « défendre avec des faits la nation basque », et non pas seulement avec des déclarations grandiloquentes. Le Lehendakari a mis en lumière l'absence notable d'EH Bildu lors de batailles cruciales pour le Pays Basque, comme la négociation du subside de chômage ou la gestion des aéroports. Une critique cinglante, qui vise à responsabiliser EH Bildu et à les inciter à un engagement plus concret.

Des avancées concrètes malgré les critiques
Au-delà des débats politiques, Pradales a insisté sur les progrès tangibles réalisés par son gouvernement. Il a énuméré une série de mesures concrètes, allant de l'activation de 78% des engagements du programme de gouvernement au Pacte de Santé, en passant par le soutien aux industries locales face aux arcanes de Trump et la réduction de la TVA sur le gaz et l'électricité. « C'est ainsi qu'on construit une nation », a-t-il martelé, soulignant l'importance de s'occuper des préoccupations quotidiennes des citoyens.
Un contexte international incertain
L'Aberri Eguna s'est déroulé dans un contexte mondial particulièrement troublé. Pradales a mis en garde contre la montée du populisme, du totalitarisme et de la démagogie, appelant à la défense des droits humains, de la paix, de la démocratie et de la justice sociale. Il a également exprimé son inquiétude face à la droite autoritaire et conservatrice, ainsi qu'à l'influence grandissante de l'extrême droite.
Le guernica : un symbole de réparation
Enfin, le Lehendakari a réitéré la demande de restitution temporaire du Guernica de Picasso, soulignant qu'il s'agirait d'un geste symbolique fort pour la réparation envers le peuple basque et un hommage à la mémoire démocratique. Il a fustigé la réaction outragée de certains milieux politiques espagnols, les accusant de défendre une conception étroite de l'État. « La balle est dans leur camp. Qu'ils répondent », a-t-il conclu, laissant entendre que la question du Guernica est un test décisif pour les relations entre Euskadi et l'Espagne.