Le sénat bloque toujours l'extension du siège du congrès : presque 20 ans de retard
Le projet d’agrandissement des locaux du Sénat, initié en 2008, est toujours au point mort. Une tragédie administrative qui témoigne d’une gestion, disons, peu rigoureuse. L’acquisition du couvent des Reparateurs, ancienne juridiction de l’Inquisition, par l’État en 2008 fut un premier pas, mais un pas dans la boue, apparemment.
Un chantier suspendu, victime des convulsions politiques
La décision, prise sous la présidence de Pilar Llop en février 2020, avait même relancé le débat. Un mois plus tard, la pandémie de Covid-19 a redéfini les priorités, engloutissant toute ambition de travaux. Une piqûre de rappel, certes, mais qui a prolongé ce blocage. L’approbation des budgets de l’État et les garanties de l’administration fiscale restent une condition sine qua non pour le lancement de tels projets. Une routine kafkaïenne, en somme.
Le couvent des Reparateurs, situé sur la place de la Marina Española, une enclave stratégique pour le Sénat, est resté fermé depuis son acquisition. Une opportunité manquée, surtout quand on considère l’état actuel des infrastructures.

Un héritage trouble : de l’inquisition au sénat
L’édifice, dont l’entrée principale se situe rue Torija, date de 1735 et fut conçu par Ventura Rodríguez pour abriter le Conseil de la Suprema Inquisición. Une histoire sombre, loin des considérations politiques actuelles, mais indéniablement présente dans les murs. L’Inquisition, bien qu'affaiblie, n’a jamais été totalement abolie jusqu’à la fin du XIXe siècle. Un passé qui plane.
L’édifice a ensuite servi de siège au Ministère du Fomento, puis à une imprimerie, avant de devenir un hôtel. L’acquisition par le Sénat en 2008, pour la somme colossale de 36 millions d'euros (selon Europa Press), visait à moderniser les locaux et à faciliter l’accueil des communautés régionales. Des bureaux supplémentaires, des salles de réunion pour les assemblées régionales… un projet ambitieux, mais jamais concrétisé.
L’idée d’un tunnel ou d’une passerelle reliant le bâtiment actuel au nouveau était même envisagée. Mais, comme tant d'autres projets, il est resté lettre morte. Le Sénat, un maître dans l'art de la procrastination.
La situation actuelle est donc un impératif. Le Sénat doit choisir : continuer à accumuler les déceptions, ou enfin donner une direction à ce projet. Il est temps de passer de la simple intention à l'action. Le temps presse, et l’histoire ne se répète pas, mais elle a le don de se resituer dans des lieux aussi chargés d’histoire que celui-ci.