Lyon : le sommet 'one health' pour anticiper les pandémies
Lyon s'est transformée en épicentre mondial de la santé publique ce lundi, accueillant le 'One Health Summit'. Une initiative audacieuse, portée par la présidence française du G7, qui vise à repenser notre approche face aux menaces sanitaires émergentes, et ce, alors que l'ombre de l'absence des États-Unis plane sur la scène multilatérale.
Une approche intégrée face aux défis sanitaires
Le sommet, réunissant des représentants de 40 nations, dont cinq chefs d'État, ambitionne de dépasser les cloisonnements traditionnels entre la santé humaine, animale, végétale et environnementale. L’objectif est clair : une surveillance renforcée, une détection précoce des risques, et une coopération internationale accrue pour prévenir les futures crises sanitaires. Emmanuel Macron, hôte de cette rencontre inédite, interviendra demain, marquant l'importance que la France accorde à cette cause.
Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, a insisté sur l'urgence d'agir : “Investir dans la prévention, c’est un geste économique avisé – 100 fois moins coûteux que de lutter contre une pandémie déchaînée”. Les chiffres sont alarmants : la COVID-19 a laissé derrière elle 15 millions de morts et des ravages économiques considérables. La majorité des maladies infectieuses émergentes trouvent leur origine dans le monde animal, soulignant la nécessité d'une vigilance accrue.

Au-delà des zoonoses : la pollution plastique et la coopération vaccinale
Mais le 'One Health Summit' ne se limite pas aux zoonoses. La menace de la pollution, notamment celle causée par les plastiques, est également au cœur des discussions, avec l'espoir de donner un nouvel élan au Traité Mondial contre la pollution plastique. L'objectif est clair : obtenir des engagements concrets de la part des pays participants pour protéger la santé des êtres vivants et de l'environnement. Une coopération internationale renforcée dans la production de vaccins est également une priorité affichée.
L’absence des États-Unis, ayant quitté l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est un sujet délicat. Bien que la ministre Caroit minimise l'impact, reconnaissant une “reformulation” de l'engagement américain plutôt qu'un retrait total, elle concède que cela représente un “défi”. “L’affaire de la santé ne doit pas être traitée de manière polarisée ni idéologique, mais guidée par la science”, a-t-elle affirmé avec conviction.
Les engagements issus de ce sommet lyonnais seront présentés lors du prochain G7 à Évian, mi-juin, où les dirigeants du monde entier se retrouveront pour évaluer les progrès accomplis. Le sommet 'One Health' marque une étape cruciale dans la construction d'un monde plus résilient face aux menaces sanitaires, un monde où la prévention prime sur la réaction.