Malí : offensive massive de groupes armés, russie sous pression
Bamako et ses faubourgs sont en ébullition. Depuis cette nuit, l’armée malienne est plongée dans une guerre de tranchées avec des groupes armés, une véritable épreuve pour la junte militaire et son allié sécuritaire, la Russie.
Un coup de bataille coordonné
Le Front de Libération pour l’Azawad (FLA), chef d’œuvre de déstabilisation, s’attribue la responsabilité de ces attaques, en synergie avec le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), un bras armé d’Al-Qaïda. Des sources de Radio France Internationale révèlent une coordination récente entre ces forces, visant à déstabiliser le régime de Bamako.
La confirmation des combats par l’armée malienne, relayée sur ses réseaux sociaux, a été suivie d’une déclaration de contrôle de la situation, qualifiant les dires du FLA de propagande. Les faits sont plus graves : des affrontements sont rapportés à Bamako, près de l’aéroport, selon l’ambassade américaine, et dans les villes clés de Kati, Gao, Sévaré, Kidal et Mopti.

Kidal en zone de guerre, les russes sous le feu
Kidal, ville stratégique du nord, est aujourd’hui, selon JNIM, tombée après une opération menée contre l’armée malienne et les mercenaires russes de l’Africa Corps, épaulés par les combattants du FLA. Le groupe yihadiste affirme avoir neutralisé « plusieurs centaines » de terroristes.
Un “plan de recherche à grande échelle” a été lancé à Bamako, Kati et dans d’autres zones touchées par cette offensive complexe. L’armée malienne affirme avoir « réprimé l’ennemi » et « neutralisé une centaine de terroristes », soulignant la collaboration de la population locale dans la traque des assaillants. Cependant, la situation reste confuse à Mopti, où des tirs résonnent encore ce samedi après-midi.

Réquisitions internationales et alerte
Les États-Unis et la Chine appellent à la prudence. L’ambassade américaine a ordonné à ses ressortissants de se mettre à l’abri suite aux explosions près de l’aéroport de Bamako. La Chine, quant à elle, recommande de reporter tout voyage vers le Mali et appelle à la prudence de ses citoyens. L’influence économique chinoise, notamment dans le secteur du lithium, est un facteur crucial dans cette région.
Un sahel en crise, sans issue apparente
Le président de l’Union Africaine, Mahmoud Ali Youssouf, dénonce « avec force » ces attaques. La junte militaire malienne, engagée à remettre le pouvoir aux civils d’ici mars 2024, a prolongé son mandat présidentiel, sans élections, jusqu’en juillet 2025. Face à l’expansion des groupes yihadistes, aux mercenaires russes et aux tensions régionales, le Mali est pris dans un engrenage infernal. La situation est loin d’être stabilisée.
