Mexique : le mondial 2026, un vent pour la location de véhicules ?
Le secteur de la location de véhicules au Mexique anticipe une envolée de la demande en 2026, propulsée par la Coupe du Monde de football. Une manne à seize milliards de pesos, mais une opportunité qui s’annonce semée d’embûches, entre insécurité persistante et transition énergétique laborieuse.
Une croissance soutenue face aux aléas
Malgré un contexte économique moins dynamique, le marché de la location de véhicules a démontré une certaine résilience. Fernando Noriega, président de l’AMAVe (Association Mexicana de Arrendadoras de Vehículos) et dirigeant chez Idealease Mexique, souligne que l'année 2025 s'est soldée par une croissance de 14 %, avec une flotte active approchant les 400 000 unités. “Le marché est resté stable, sans croissance significative, mais sans repli non plus,” explique-t-il. Le Mondial 2026 est perçu comme un “pic de demande” exceptionnel, particulièrement dans les locations journalières et les zones à forte affluence touristique et aéroportuaire.

Le mondial, un catalyseur pour les villes hôtes
Une part significative de la flotte – environ 60 % – est concentrée dans les zones d'influence des villes hôtes : le Valle de México, Nuevo León et Guadalajara. Le segment de la location journalière, représentant 14 % des unités enregistrées par l'AMAVe, est celui qui devrait le plus ressentir l'impact de l'afflux attendu de 5,5 millions de touristes internationaux, selon les prévisions du gouvernement mexicain.
Sécurité : un frein majeur
Si la Coupe du Monde représente une opportunité, l’insécurité demeure un défi majeur. Si les indicateurs montrent une légère amélioration, Noriega insiste sur le coût élevé des incidents, notamment pour le segment des camions. “Un vol de camion est un événement qui a des répercussions importantes sur les opérateurs, les entreprises et les chaînes logistiques,” alerte-t-il. Pour répondre à cette problématique, les entreprises investissent massivement dans la technologie : caméras de surveillance, suivi GPS, afin de prévenir les vols et de déterminer les responsabilités en cas d’accident.
Electrification : un pas lent
La transition énergétique représente un autre obstacle. La part des véhicules électriques dans la flotte n’a augmenté que de 3,7 % en 2025, un chiffre qui témoigne d’une adoption encore timide. Cette lenteur est imputée aux contraintes liées à la production et à la disponibilité d’électricité, ainsi qu’à l’exploration par les constructeurs de sources d’énergie alternatives, telles que le gaz LP ou, plus prometteuse, l'hydrogène. La prudence est de mise, les investissements massifs étant conditionnés à une infrastructure de recharge fiable et largement accessible.
Le Mondial 2026 pourrait bien marquer un tournant pour le secteur, mais sa réussite dépendra de la capacité des acteurs à surmonter les défis sécuritaires et énergétiques. Le compte à rebours est lancé.