Nicaragua : la cidh alerte sur la fragilité des dissidents face au régime d'ortega
La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a tiré la sonnette d'alarme, sollicitant une intervention urgente de la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) pour protéger cinq dissidents nicaraguayens. Alors que le régime d'Ortega-Murillo continue sa purge politique, l'ombre d'une répression implacable menace leur intégrité et leur liberté.
Des figures clés visées par une justice sélective
Parmi les personnes concernées, on retrouve des figures autrefois proches du pouvoir, aujourd'hui accusées de crimes financiers. L'ex-conseiller présidentiel Álvaro Baltodano Cantarero, son fils Álvaro Baltodano Monroy, le colonel Carlos Brenes, et leurs conjoints Salvadora Martínez et Larry Martínez sont accusés de créer des sociétés écrans pour blanchir de l'argent et frauder le fisc. Une stratégie, selon la CIDH, visant à museler l'opposition et à consolider le contrôle du régime.
L'ironie est mordante : des hommes qui ont autrefois soutenu Ortega sont désormais traqués et emprisonnés. Le Général Baltodano Cantarero et son fils, par exemple, sont détenus au centre de détention La Modelo depuis plus de cinq mois, dans des conditions qui suscitent de vives inquiétudes, notamment en raison d'un manque apparent de soins médicaux. La CIDH a documenté des allégations crédibles concernant l'absence de suivi médical adéquat.

Un contexte de répression généralisée
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de répression systématique contre l'opposition au Nicaragua. Plus d'une centaine de dissidents ont été arrêtés et privés de leurs droits ces huit dernières années, souvent sous des accusations vagues et fabriquées. Les élections générales de novembre 2021, largement critiquées par la communauté internationale, ont marqué une nouvelle étape dans l'érosion démocratique du pays, Ortega se présentant pour un cinquième mandat consécutif.
Le silence assourdissant de l'État face aux demandes de la CIDH est également alarmant. Les gestions formelles et les demandes d'informations adressées au gouvernement nicaraguayen sont restées sans réponse substantielle, laissant craindre le pire pour ces dissidents vulnérables. La Cour interaméricaine des droits de l'homme est donc appelée à intervenir pour garantir leur protection.
La situation de Carlos Brenes, de sa femme Salvadora Martínez, et de Larry Martínez est particulièrement préoccupante, leurs localisations étant inconnues depuis leur arrestation. L'absence d'informations sur leur état et leur lieu de détention renforce le risque de violations graves de leurs droits fondamentaux. La CIDH exige désormais un rapport officiel sur leur parador.
La communauté internationale observe avec attention cette escalade de la répression au Nicaragua. L'urgence est palpable, et la pression sur la CIDH et la Cour interaméricaine des droits de l'homme est forte pour qu'elles agissent rapidement et efficacement, avant qu'il ne soit trop tard.