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Panama: first quantum déguste un répit environnemental et économique

Alors que la suspension de ses opérations à Cobre Panamá laissait entrevoir un désastre économique et écologique, First Quantum Minerals (FQM) vient de décrocher une autorisation cruciale du gouvernement panaméen. Loin d'une reprise immédiate, il s'agit d'un programme de traitement du minerai déjà extrait, une manne à double tranchant pour la compagnie canadienne et le pays.

Un programme de traitement : plus qu

Un programme de traitement : plus qu'une simple gestion des stocks

L’autorisation accordée permet à FQM de retirer, traiter et exporter les 38 millions de tonnes de minerai accumulées avant la fermeture de la mine, contenant environ 70 000 tonnes de cuivre récupérable. Tristan Pascall, le PDG de FQM, se présente comme un acteur de la “gestion environnementale responsable”, minimisant l'impact de ce programme qui, il est important de le souligner, ne relève en rien d'une réouverture de la mine ni de nouvelles opérations minières. Le véritable enjeu réside dans la mitigation des risques environnementaux, notamment le potentiel drainage acide de roche, un problème majeur pour l'écosystème local.

Mais le tableau est bien plus complexe. L’annonce de ce programme a une dimension économique non négligeable. Plus de 1 000 emplois directs sont prévus, portant la main-d'œuvre totale à 3 000 personnes, touchant des domaines aussi variés que la maintenance, le traitement, la gestion environnementale et la logistique. L'impact sur les secteurs connexes, comme le transport et l'approvisionnement, promet un regain d'activité indirecte, un soulagement pour une économie panaméenne encore marquée par la perte des 7 000 emplois directs et 30 000 indirects consécutive à la décision de la Cour Suprême.

L'investissement massif de 10 milliards de dollars américains réalisé par FQM à Cobre Panamá, désormais paralysée, pèse lourdement sur l'avenir du pays. L'entreprise a déjà entamé la réactivation de ses chaînes d'approvisionnement, renouant avec les fournisseurs locaux, et se concentre sur la remise en état des infrastructures existantes, bien que des réparations mineures, principalement sur les circuits de flottation et le traitement des concentrés, soient nécessaires.

Le contexte de cette autorisation est loin d'être anodin. La fermeture de la mine, suite à une décision de la Cour Suprême jugée inconstitutionnel le contrat de concession, s'est déroulée dans un climat de tensions sociales fortes, marqué par des manifestations massives. La question de l'équilibre entre développement économique et protection de l'environnement reste donc au cœur des débats au Panama.

Alors que les perspectives de réouverture à long terme de Cobre Panamá restent incertaines, ce programme de traitement offre un répit temporaire, une respiration économique et environnementale, mais ne résout pas fondamentalement le conflit de fond. Le spectre d'un investissement colossal perdu plane toujours, rappelant la fragilité des équilibres géopolitiques et les enjeux cruciaux de la transition énergétique.