Pérez, l'ex-procureur anticorruption, défend castillo : une stratégie audacieuse ?
Lima est en ébullition
. José Domingo Pérez, l'homme qui a mené les investigations contre Keiko Fujimori, a pris une décision qui secoue le paysage politique péruvien : il assume désormais la défense de Pedro Castillo, l'ex-président emprisonné pour tentative de coup d'État. Un revirement spectaculaire qui soulève de nombreuses questions et témoigne d'une situation politique profondément instable.Un ancien pourchasseur, devenu avocat de la défense
L'annonce, faite via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux devant les portes de la prison de Barbadillo où Castillo est détenu, a pris de court l'opinion publique. Pérez, figure emblématique de la lutte contre la corruption au Pérou, affirme vouloir obtenir la libération de Castillo, dénonçant un "cas qui a mérité le réprobation de nombreux juristes internationaux". Son engagement marque une rupture nette avec son passé et soulève des interrogations sur ses motivations réelles.
Mais le contexte est crucial. Pérez, récemment évincé de son poste de procureur par la Junta Nacional de Justicia (JNJ), accuse lui-même les institutions péruviennes d'être infiltrées par une "mafia". Il se présente comme une victime, un défenseur de la justice qui ose défier le système. Cette posture, bien que controversée, pourrait viser à restaurer son image et à regagner en influence.

Castillo, un président "kidnappé" selon pérez
Pérez insiste sur le fait que Castillo est un "président kidnappé", une victime d'un système judiciaire biaisé. Il promet une "résistance légale" pour obtenir sa libération, alimentant ainsi les spéculations sur une possible stratégie de déstabilisation du gouvernement actuel. La condamnation à plus de onze ans de prison infligée à Castillo en novembre 2023 pour tentative de coup d'État, suite à sa tentative de dissoudre le Congrès et de gouverner par décret, continue de diviser le pays.
L'affaire Fujimori, un passé qui pèse. Il est important de rappeler que Pérez a mené, par le passé, des enquêtes sensibles contre d'anciens présidents, dont Alan García, Alejandro Toledo et Pedro Pablo Kuczynski. Son implication dans l'affaire Keiko Fujimori, l'héritière politique de l'ex-président Alberto Fujimori, est particulièrement notable. Le récent abandon des poursuites judiciaires contre Fujimori, en raison d'une décision du Tribunal Constitutionnel, ajoute une couche de complexité à cette affaire.
La situation politique péruvienne reste donc extrêmement volatile. L'intervention de José Domingo Pérez dans la défense de Pedro Castillo pourrait bien redéfinir les contours du débat et ouvrir de nouvelles perspectives, aussi incertaines soient-elles. La bataille juridique ne fait que commencer, et son issue aura des conséquences profondes sur l'avenir du Pérou.