Pérou : carlos álvarez surprend, lópez aliaga relégué
L'horizon politique péruvien s'embrume. Alors que les élections générales de 2026 se profilent, un nouvel acteur bouscule l'ordre établi. Carlos Álvarez, l'animateur de télévision, a enregistré une ascension fulgurante dans les sondages, éclipsant temporairement Rafael López Aliaga, figure autrefois dominante de la droite nationaliste. Ce revirement, révélé par Ipsos, est un séisme dans un paysage déjà fracturé.

Keiko fujimori, toujours en tête, mais sous pression
Keiko Fujimori, figure emblématique de Fuerza Popular, conserve pour l'instant la première place avec 13% des intentions de vote, un léger gain par rapport au précédent sondage. Mais la marge se réduit, et la montée en puissance d'Álvarez est un signal d'alarme pour la candidate historique. Le résultat des débats récents, qui ont eu lieu le 1er et 2 avril, semblent avoir favorisé une certaine désaffection pour les figures établies, ouvrant la voie à des profils moins conventionnels.
La dernière enquête d'Ipsos, menée avec un taux d'erreur de ±2,8% et un niveau de confiance de 95%, révèle une redistribution des cartes : Álvarez, avec 9% des intentions de vote, a détrôné López Aliaga (8%) qui menait en janvier. Roberto Sánchez, figure de gauche, suit avec 6%, suivi par Jorge Nieto (5%), Alfonso López Chau (4%), Ricardo Belmont (3%), César Acuña (3%), Marisol Pérez Tello (2%), Yonhy Lescano (2%), George Forsyth (2%) et José Luna Gálvez (2%).
Mais le simulacre de vote révèle des nuances intéressantes. Avec seulement les votes valides pris en compte, Keiko Fujimori domine avec 18,6%, suivie par Álvarez (12,1%), López Aliaga (10,9%) et Sánchez (9%).
L'ex-ministre Juan Sheput, désormais candidat au Sénat sous la bannière de País para Todos, explique cette progression inattendue : une mobilisation intense dans le sud du pays et dans les zones minières, où les partis traditionnels peinent à s'imposer. “Nous allons là où les autres ne vont pas”, affirme-t-il, soulignant la stratégie de son parti pour contrer la montée de Roberto Sánchez dans des régions où les autres partis sont impuissants.
L'ascension d'Álvarez s'accompagne de propositions controversées, notamment la proposition d'instaurer la peine de mort pour les violeurs et les tueurs à gages, bien que cette mesure ne figure pas officiellement dans son programme. Sheput justifie cette démarche comme une réponse à la demande populaire de politiques plus sévères face à l'insécurité, une “question que la ciudadanía réclame”.
Ce bouleversement dans les intentions de vote témoigne d'une profonde remise en question du paysage politique péruvien. L'élection de 2026 s'annonce plus incertaine que jamais, et la capacité de Carlos Álvarez à capitaliser sur ce momentum pourrait bien redéfinir le cours de l'histoire du pays. Le peuple péruvien, visiblement las des discours habituels, semble prêt à tenter l'aventure d'un nouveau visage, même s'il est issu du monde du divertissement.