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Pérou : lópez chau promette un pardon à castillo, semant l'émoi

La campagne présidentielle péruvienne prend une tournure explosive. Alfonso López Chau, candidat d'Ahora Nación, a enflammé un meeting à Puno en promettant un indulto à l'ex-président Pedro Castillo, actuellement incarcéré. Une promesse qui s'inscrit dans un projet de réconciliation nationale, mais qui suscite déjà de vives réactions et soulève des questions fondamentales sur l'état de droit dans le pays.

Un pardon au cœur d'une stratégie politique

L'annonce, faite lors d'un rassemblement de clôture de campagne à Ilave, n'est pas une simple promesse de clémence. López Chau l'intègre dans un plan plus large, incluant une réforme constitutionnelle et une revitalisation du sud du Pérou, région historiquement marginalisée. “Le changement de Constitution est une obligation. Nous récupérerons le référendum que l'on nous a volé”, a-t-il affirmé avec conviction, évoquant un droit inaliénable du peuple à se déterminer. L'idée est claire : capitaliser sur le mécontentement populaire et sur la figure controversée de Castillo pour se positionner comme le champion d'une justice alternative.

Mais la proposition de pardon est loin de faire l'unanimité. Le système judiciaire péruvien, déjà fragilisé par des accusations de politisation, est confronté à un défi majeur. L'intervention du Congrès dans des nominations clés et les disparités de traitement entre figures publiques accusées de corruption alimentent un climat de défiance généralisée. López Chau accuse ouvertement le système de partialité, une critique qui résonne auprès d'une population exaspérée par la corruption endémique.

Développement régional et vérité sur les protestations

Développement régional et vérité sur les protestations

Au-delà du pardon à Castillo, le programme de López Chau se concentre sur le développement du sud péruvien. Il propose une “révolution technico-productive” pour soutenir les petits producteurs, un investissement massif dans les infrastructures (vialité, chemins de fer, numérisation) et une politique de gaz à “tarifa unique” pour réduire les inégalités. La priorité affichée est claire : un rattrapage économique et social pour une région longtemps oubliée.

Mais l'ombre des violences de décembre 2022 et janvier 2023 plane sur la campagne. López Chau a rejeté toute impunité pour les actes de violence, promettant la création d'une “Commission de la Vérité” indépendante pour enquêter sur les événements, identifier les responsables et garantir une réparation intégrale aux victimes. Un engagement qui témoigne d'une volonté de panser les plaies d'une nation profondément divisée. Il insiste sur le besoin d'une justice impartiale, libérée des instrumentalisation politique.

La promesse de López Chau, bien que risquée, met en lumière une réalité : le mécontentement populaire face à l'impunité et à la corruption est un facteur majeur de l'instabilité politique péruvienne. Le pardon à Castillo, s'il était concrétisé, pourrait apaiser une partie de cette colère, mais au prix d'un affaiblissement du système judiciaire et d'une remise en question des principes fondamentaux de l'état de droit. L’avenir dira si cette stratégie audacieuse portera ses fruits, ou si elle précipitera le Pérou dans une nouvelle crise.