Petro accuse l'opposition de manœuvres pour écarter roa d'ecopetrol
Gustavo Petro, le président colombien, a lancé une attaque frontale contre l'opposition, l'accusant de vouloir déstabiliser son gouvernement en ciblant Ricardo Roa, le directeur d'ecopetrol, la compagnie pétrolière nationale. Au cœur de la polémique : une remise en question de la politique énergétique du pays et une vision radicalement différente de la transition énergétique.
Une matrice énergétique disputée
Le président Petro conteste vigoureusement l'affirmation selon laquelle la Colombie repose sur une matrice énergétique dominée par les combustibles fossiles. Il insiste sur le rôle prépondérant de l'hydroélectricité, arguant que, grâce à un climat pluvieux, près de 70% de l'énergie produite provient de sources hydroélectriques, qualifiées de “propres” par le gouvernement, contrairement à l'appréciation des techniciens de la UPME (Unité de Planification de la Gestion de l'Énergie) qui ne considèrent comme telles que l'énergie solaire et éolienne. Il accuse l'opposition de “mauvaise foi” et de chercher à exploiter ce point pour discréditer sa politique.
La stratégie de Petro est claire : promouvoir massivement l'énergie solaire et éolienne, réduisant ainsi la dépendance d'Ecopetrol au pétrole. Il a souligné l'investissement croissant dans ces énergies renouvelables, affirmant que, même en période de sécheresse, l'impact sur la production d'énergie est minimisé grâce à l'énergie solaire.

L'uribismo dans le collimateur
Plus que la politique énergétique elle-même, c'est la méthode employée par l'opposition qui choque Petro. Il accuse l'Uribismo et le Cambio Radical de semer la peur au sein de la direction d'Ecopetrol, en insinuant une intervention étrangère. “Ils veulent faire tomber Roa et terroriser les membres du conseil d'administration avec des histoires d'Américains”, a-t-il affirmé, dénonçant une tactique consistant à “semer la peur pour gagner le pouvoir”.
Il dénonce également une “arnaque” au peuple colombien, affirmant que les énergies propres sont vendues sur les marchés boursiers à des prix artificiellement gonflés, basés sur une formule mathématique établie par les régimes précédents (Duque, Santos, Uribe) qui ne reflète pas leur véritable coût de production. Selon Petro, cette formule crée une “rente de disette”, similaire à une rente foncière, et est constitutionnellement illégale car elle ne correspond pas aux coûts réels de production.
Le président accuse également les entreprises énergétiques de recourir à des moyens légaux, mais coûteux, pour contester cette formule devant les tribunaux, perpétuant ainsi un système injuste.
Il estime que ce système a déjà transféré des milliards de pesos de l'économie nationale vers l'étranger et vers un puissant groupe d’entreprises antioqueño qui contrôle les entreprises publiques de Medellín, via le contrôle de leur conseil d'administration. Une accusation grave qui alimente davantage la tension politique.

Un enjeu énergétique et politique
Au-delà des chiffres et des formules, la confrontation entre Petro et l'opposition révèle un enjeu politique majeur : le contrôle de la compagnie pétrolière nationale et la direction que prendra la Colombie dans sa transition énergétique. La stratégie de Petro, axée sur les énergies renouvelables et une remise en question du modèle pétrolier, se heurte à une opposition déterminée à défendre un statu quo qui profite à certains acteurs économiques et politiques.