Upc : les huées et la controverse assombrissent une rencontre décisive
L'atmosphère était électrique, pour ne pas dire hostile, lors de la réunion du Conseil supérieur de l'Université Populaire du Cesar (UPC) à Jagua de Ibirico, lundi dernier. La présence de Juliana Guerrero, déléguée présidentielle, a été marquée par une pluie d'huées et de protestations, révélant une tension palpable au sein de la communauté universitaire et soulevant de nouvelles questions sur son rôle controversé.
Une défense acharnée face à l'opposition
Alors que la jeune déléguée cherchait à défendre le soutien du gouvernement national à la création d'une nouvelle faculté, son discours a été constamment interrompu par des sifflets et des invectives. Guerrero, âgée de seulement 23 ans, s'est montrée ferme, insistant sur la nécessité de formaliser juridiquement le projet pour permettre son examen par le Conseil académique. Ses arguments, centrés sur le besoin d'identifier les spécialités requises par la région, n'ont pas suffi à apaiser les esprits. La scène, filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, témoigne d'une défiance profonde envers la délégation gouvernementale.

Un processus de nomination contesté
Cette controverse s'inscrit dans un contexte plus large de contestation autour de la nomination de Juliana Guerrero au Conseil supérieur de l'UPC. Sa désignation par le président Gustavo Petro, après un passage remarqué au cabinet du ministre de l'Intérieur, Armando Benedetti, a été perçue par certains comme un acte de parachutage politique. L'utilisation de vols officiels de la police nationale pour ses déplacements, souvent liés à des questions internes de l'université, a également suscité des interrogations quant à l'utilisation des fonds publics.

Les accusations de falsification de diplôme
Mais le dossier Guerrero ne se limite pas à des questions de procédure et de financement. Des accusations graves de falsification de diplôme planent sur la jeune femme. Des investigations sont en cours pour déterminer si elle a bien obtenu son titre de comptable public à la Fundación Universitaria San José, comme elle l'a prétendu, ou si son diplôme a été obtenu de manière frauduleuse. Ces allégations, relayées par la presse et les réseaux sociaux, ont considérablement entaché son image et alimenté la suspicion quant à sa légitimité à siéger au Conseil supérieur.
L'élection contestée du recteur et les enjeux futurs
La réunion du Conseil supérieur où Guerrero a été acclamée et huée s'est tenue après l'élection controversée de Guillermo Echavarría Gil comme nouveau recteur de l'UPC. L'absence de représentants étudiants lors du vote et l'intervention jugée déterminante de Guerrero ont soulevé des questions sur la transparence du processus électoral. La nomination de Guerrero au Conseil supérieur, couplée aux accusations de falsification de diplôme et aux critiques sur ses déplacements, révèle une crise de confiance profonde au sein de l'UPC. La question est désormais de savoir si l'université parviendra à surmonter ces turbulences et à restaurer la confiance de la communauté universitaire. Le prochain chapitre de cette saga risque d'être tout aussi houleux.