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Zelenski frappe à la porte de damas : un pari diplomatique risqué

Volodymyr Zelenski a posé hier, sur le tarmac de Damas, une visite surprise qui réveille des questions et suscite autant de spéculations. Loin des champs de bataille, le président ukrainien s'est engagé dans une diplomatie audacieuse, cherchant de nouveaux alliés et des voies de coopération économique dans un pays ravagé par la guerre civile depuis plus d'une décennie. Une démarche qui, au-delà de ses implications immédiates, révèle une stratégie de survie et de redéfinition du rôle de l'Ukraine sur la scène internationale.

Une rencontre à haut risque avec le régime de bachar al-assad

Une rencontre à haut risque avec le régime de bachar al-assad

L'annonce, faite via Telegram, a pris de court les observateurs. Zelenski a évoqué des “réunions importantes” sans en révéler plus, mais la rencontre avec son homologue syrien, Ahmed al-Sharaa, est quasiment acquise. Ce geste, symbolique autant que pragmatique, marque une rupture avec la politique internationale ukrainienne, traditionnellement hostile au régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie. Il s'inscrit dans la foulée de la restauration des relations diplomatiques, officialisée en septembre dernier, une initiative qui soulève des interrogations quant à l'évolution de l'influence russe dans la région.

L'enjeu économique est indéniable. L'Ukraine, confrontée à des difficultés financières croissantes en raison du conflit avec la Russie, cherche activement de nouveaux partenaires commerciaux. Le secteur énergétique, notamment l'exploitation conjointe de gisements gaziers, est au cœur des discussions, comme en témoigne la récente rencontre avec le président turc Erdogan, où les technologies ukrainiennes en matière de sécurité ont été évoquées. Mais au-delà des chiffres, il s'agit d'une question de survie, une tentative désespérée de trouver des sources de revenus alternatives et de diversifier les partenariats géopolitiques.

La visite en Syrie intervient après un séjour en Turquie, où Zelenski a discuté de la situation en Europe et au Moyen-Orient. L'accord sur de nouvelles étapes de coopération en matière de sécurité, et plus particulièrement l'échange d'expertise et de technologies militaires, laisse entrevoir une nouvelle configuration des alliances régionales. Les leçons tirées du conflit avec la Russie, douloureuses mais instructives, semblent désormais être mises à profit pour renforcer la défense de l'Ukraine et consolider ses liens avec des pays partageant des intérêts communs.

Mais la manœuvre n'est pas sans risque. En normalisant ses relations avec le régime syrien, Zelenski s'expose aux critiques de ses alliés occidentaux, qui continuent de considérer Assad comme un paria international. Le pari est audacieux : celui de privilégier la survie de l'Ukraine à l'alignement diplomatique sur les lignes occidentales. Une stratégie qui, si elle porte ses fruits, pourrait redéfinir durablement le paysage géopolitique de la région, mais qui pourrait aussi s'avérer être une ligne rouge.