Angelo de augustine: le musicien revient des abîmes
Le chanteur-compositeur Angelo De Augustine a frôlé la mort en 2022, victime d'une maladie mystérieuse qui l'a laissé incapable de marcher, de parler, d'entendre ou de jouer. Mais contre toute attente, il a reconstruit sa vie, note par note, et revient avec un nouvel album, Angel in Plainclothes, témoignage poignant de cette renaissance.
Un effondrement inexplicable
En octobre 2022, alors qu'il était chez lui à Los Angeles, Angelo De Augustine a soudainement effondré. Les médecins, démunis face à un diagnostic précis, ont simplement conseillé : « Revenez si vous devenez complètement sourd ou aveugle. » Un verdict glaçant qui a plongé le musicien dans l'incertitude, alors qu'il était en plein travail sur son album Toil and Trouble. L'abandonner était impensable.
« Personne ne m’aidait, je ne pensais pas survivre, » confie-t-il. « Je ne pouvais même pas soulever des objets, mais j’avais travaillé si dur sur cet album que je ne voulais pas le laisser inachevé. » Un désir viscéral de laisser une empreinte, même face à l'adversité.

De sufjan stevens aux salles de concert
De Augustine, dont le talent a été reconnu par Sufjan Stevens (il a collaboré avec lui sur l'album A Beginner’s Mind et a vu une de ses chansons, Time, intégrée à la bande originale du film A Good Person), a su naviguer dans un univers musical exigeant. Mais la maladie a brutalement stoppé son élan.
Les trois années qui ont suivi ont été une lente et douloureuse reconstruction. « C'était stop, start, un peu mieux, un peu moins bien, » explique-t-il. Un processus de réapprentissage physique et mental, ponctué de moments de doute et de résilience. L'eau, paradoxalement, a été une source de soulagement, atténuant les symptômes et ouvrant la voie à une thérapie physique.

angel in plainclothes: un album façonné par la souffrance
Angel in Plainclothes n'est pas un simple album de retour, c'est le fruit d'une expérience transformatrice. Les compositions, imprégnées d'une mélancolie douce-amère, évoquent l'univers de Nick Drake ou de Paul Simon à leurs heures les plus introspectives. L'utilisation d'instruments anciens – psaltery, aquarion, Marxophone, guitaret miniature – confère à l'ensemble une dimension sonore unique et onirique.
« J'ai réalisé que lorsque je me concentrais sur le résultat, les chansons ne venaient pas, » révèle De Augustine. « Je voulais juste vivre une bonne vie. » Une leçon de vie qui se traduit par une authenticité brute et une beauté fragile.
Après un premier concert en cinq ans, qui a représenté un véritable défi, Angelo De Augustine semble avoir retrouvé une partie de sa vigueur. Il se décrit comme « entre mon ancien moi et quelqu'un de différent, quelqu'un qui ne prend plus rien pour acquis. »
La renaissance d'Angelo De Augustine est une ode à la persévérance et un rappel que, même dans les ténèbres les plus profondes, la lumière peut toujours renaître. L'album Angel in Plainclothes, sorti le 24 avril, est la preuve tangible de cette résilience.
