Angelo de augustine: une renaissance après un cauchemar médical

Angelo De Augustine, l'auteur-compositeur américain dont la plume a conquis Sufjan Stevens, a frôlé la catastrophe. Après un collapsus spectaculaire le soir d'Halloween 2022, il a dû réapprendre à marcher, à parler, à entendre, à jouer, et même à chanter. Une épreuve qui l'a confronté à l'abîme, mais qui, paradoxalement, a nourri son art.

Diagnostiques flous, ultimatum médical

L'histoire, digne d'un roman, commence par une perte de contrôle du corps, des sensations étranges et une hospitalisation prolongée. Les médecins, démunis face à un diagnostic précis, lui ont lâché un verdict glacial : “Revenez si vous devenez complètement sourd ou aveugle.” Un ultimatum qui aurait pu briser n'importe qui, mais qui a galvanisé De Augustine. Son unique obsession devenait la finalisation de son album, Toil and Trouble, un projet sur lequel il avait travaillé avec acharnement pendant un an.

Toil and Trouble, sorti en 2023, était le prolongement logique d'une carrière en ascension. Après un premier album, Spirals of Silence (2014), il s'est associé au label Asthmatic Kitty de Sufjan Stevens, donnant naissance à Swim Inside the Moon (2017) et, plus tard, à un album collaboratif acclamé, A Beginner’s Mind (2021). Son morceau “Time”, issu de Tomb (2019), a même trouvé sa place dans le film A Good Person de Zach Braff, propulsant De Augustine sur le devant de la scène.

<I>angel in plainclothes</i>: une musique née de la résilience

angel in plainclothes: une musique née de la résilience

Mais la maladie a radicalement transformé sa vie. Trois années de rééducation, de progrès hésitants et de reculs inattendus ont façonné son nouvel album, Angel in Plainclothes. Loin de la mélancolie rêveuse de ses œuvres précédentes, ce disque est une ode à la fragilité de l'existence, une exploration de la transience de la vie. On y retrouve des échos de Nick Drake et de Paul Simon, mais aussi une identité musicale propre, marquée par un usage ingénieux d'instruments anciens – un psaltère à archet, un aquarion, un Marxophone, un basson, un sifflet de train, un guitaret allemand des années 1960, et même un synthétiseur japonais version koto harp des années 1990.

“J’ai probablement trop forcé pour faire cet album,” confie De Augustine, conscient du prix qu’il a payé pour son art. Mais au-delà de la souffrance, il y a une immense gratitude. L'expérience l'a libéré d'une obsession de la performance, lui permettant de composer avec une authenticité nouvelle.

Son studio, qu'il a baptisé A Secret Place, est devenu un sanctuaire, un lieu de ressourcement au cœur de la nature. Il y a même rencontré Jonathan Wilson, un musicien/producteur de Los Angeles, devenu un ami précieux et collaborateur sur le titre