Brutal crise à la basilique de luján : les élites politiques s'affrontent dans une messe de guerre

Un chaos organisé régnait à la basilique de Luján ce mercredi, loin de l’atmosphère de pitié et de fraternité que le pape François prône. Manuel Adorni, visiblement à la recherche de quelques pesos pour une « limosne », était aux côtés de Diego Santilli, en quête d’un simple salut de la part de Martín Menem. Au milieu de ce tableau délétère, Axel Kicillof et Wado De Pedro tentaient de dénicher un semblant d’accord avec les représentants de la CGT.

Un silence tendou et des regards fuyants

L’arrivée du gouverneur de Buenos Aires et du libertaire bonaerense Sebastián Pareja sembla momentanément briser le silence, mais le geste ne fut pas réciproque. Un parfum d’incompréhension flottait dans l’air, alimenté par la disparition énigmatique de Victoria Villarruel, qui, depuis Almagro, avait déjà prédit « le pire de la caste » lors de l’événement de Luján. Chaque groupe entrait et sortait du temple sans même jeter un coup d’œil aux autres, évitant soigneusement tout contact visuel. L’ironie d’un ministre officiel, regrettant un possible regard de Bergoglio, ne fit qu’ajouter au malaise.

Une messe de la discorde

Une messe de la discorde

Ce qui devait être une célébration en l’honneur du pape, symbole de miséricorde et d’amour de l’ennemi, s’était transformé en une nouvelle illustration de la fracture Politique profonde qui divise l’Argentine. L’ambiance était palpable : une tension électrique, une absence totale de camaraderie. Les enjeux sont tels que la cohésion institutionnelle est devenue un luxe que personne ne peut se permettre.

La défiance de la liberté avanza

La défiance de la liberté avanza

Pour La Libertad Avanza, cette scène est un avertissement. La réforme électorale, dont le paquet déposé au Sénat comprend l’abolition des PASO, des modifications du financement et l’instauration d’une « Fiche Limpide », est confrontée à un obstacle majeur : la nécessité d’une majorité absolue (129 voix au Bas-Côté et 37 au Haut-Côté). Le gouvernement, pris entre le marteau et l’enclume, reconnaît que « ce sera une Via Crucis », soulignant que même les aspects les plus favorables ne seront pas faciles à concrétiser. L’alliance stratégique entre la fin des primaires et la suppression des candidatures pour les condamnés en deuxième instance est présentée comme une « arme ».

Des compromis à tout prix

La stratégie de la famille Milei repose sur une pression maximale, notamment l’intégration de la suppression des primaires avec l’interdiction des candidatures pour les condamnés. Lilia Lemoine n’a pas hésité à le souligner : « Chaque vote devra être scruté avec attention. Ceux qui s’opposent révéleront leur véritable nature : une Politique réduite à un simple business. » Les doutes persistent quant à l’implication de Carlos Rovira dans le naufrage de la réforme l’année passée. Les gouverneurs, quant à eux, ont scruté l’article 25 avec attention, offrant aux caciques de l’intérieur la possibilité d’afficher leur opposition à Milei.

Un gambit electoral risqué

Pablo Salinas souligne que la suppression des primaires, bien que perçue comme bénéfique par l’establishment, risque de fragmenter l’opposition. Les partis de gauche, le radicalisme et le peronisme sont en alerte. La promesse d’économies de plus de 200 millions de dollars pour les Argentins, brandie par le ministre de l’Intérieur, pourrait être un argument de poids. Le texte final de la réforme introduit des changements significatifs : la nécessité de la présence dans 10 provinces et un seuil de 3 % du registre électoral pour maintenir la reconnaissance d’un parti. L’introduction de la Boleta Única de Papel, avec la possibilité de voter pour la liste complète, vise à éviter une « Desdoblapalooza », un festival de doublements d’élections locales. La difficulté de forcer tous les électeurs à voter la même date est dénoncée : « plus difficile que de réformer la Constitution ». La présence de Javier Milei et des gouverneurs au Congrès, la clé de l’équation, sera déterminante.

L'ombre du passé : une vengeance personnelle

Des détails obscurs pèsent sur le projet : la clause interdisant les contrats avec des étrangers, qualifiée de « vengeance personnelle envers Antoni Gutiérrez Rubí et Jaime Durán Barba », réplique la position de l'ex-ministre Javier Barbieri. L'utilisation de l’escalier pour accéder au pouvoir et la consécration de la méthode seront rapidement pointées du doigt.

Un échec probable, mais pas un abandon

La réforme électorale pourrait se solder par une simple motion de mise en garde, avec la validation de certains axes et le rejet des autres. Malgré les tentatives de Milei, le chemin vers le succès s’annonce ardu. Le gouvernement a déjà pris un retard important, comme l'a souligné Jorge García Cuerva dans sa homélie : « Nous sommes même incapables de nous asseoir sur le même banc d’une église. »