Kicillof, président ? bianco lâche une bombe politique
Buenos Aires s'embrase. Alors que l'Argentine navigue à vue dans une crise économique profonde, les ambitions présidentielles d'Axel Kicillof, gouverneur de la province de Buenos Aires, refont surface. Ses aspirations, subtilement confirmées par son ministre Carlos Bianco, pourraient bien redéfinir le paysage politique argentin en vue de 2027.
Un ministre qui parle, un gouverneur qui se profile
Dans une interview explosive accordée à Infobae al Amanecer, Carlos Bianco, ministre de l'Intérieur de la province, a laissé entendre que Kicillof, bien que n'étant pas encore en mode campagne, représente une “référence obligatoire” pour quiconque envisage l'avenir politique du pays. Un avertissement discret, mais significatif, qui laisse présager une possible candidature présidentielle.
Bianco a souligné que le moment n'était pas encore propice aux déclarations officielles, insistant sur le fait que le gouverneur est actuellement en phase de construction politique. Cependant, il n’a pas hésité à reconnaître l'influence grandissante de Kicillof sur la scène nationale.

Un budget province exsangue, une économie à la dérive
L'interview a également mis en lumière les difficultés économiques de la province de Buenos Aires. Bianco a dépeint un tableau sombre, évoquant des « recuts de fonds » massifs de la part du gouvernement national et une chute brutale des revenus, atteignant 15 % par mois. Le choc est brutal : 22 milliards de pesos, soit presque l'ensemble du budget annuel de la province, ont été engloutis par des projets abandonnés et des programmes nationaux supprimés.
L'impact sur le secteur productif est désastreux. Bianco a pointé du doigt une fermeture record de 6 000 entreprises depuis l'arrivée au pouvoir de Milei, conséquence d'un “cocktail explosif” de baisse des salaires, de consommation en berne, d'ouverture indiscriminée aux importations, d'appréciation de la monnaie et de coûts énergétiques exorbitants.

L'affront porteño et les batailles juridiques
Le ministre n'a pas manqué d'égratigner la ville de Buenos Aires, accusant le gouvernement de Javier Milei de refuser de contribuer aux coûts liés à l'assistance aux personnes sans-abri, affirmant qu'ils ne sont « pas des Bonaérenses ». Une provocation qui témoigne des tensions croissantes entre la province et la capitale fédérale.
Face à cette situation critique, la province de Buenos Aires a engagé des actions en justice contre le gouvernement national, déposant déjà sept recours devant la Cour suprême et prévoyant d'en déposer un huitième. « Nous le pillent, les Bonaérenses », a dénoncé Bianco, un sentiment de frustration qui résonne au-delà des frontières de la province.
L'avenir de Kicillof reste incertain, mais l'aveu de son ministre et la gravité de la situation économique laissent entrevoir une possible candidature présidentielle, portée par une province exsangue et une population en colère. Un pari risqué, mais peut-être le seul moyen de renverser la tendance.
