Kicillof, président!? bianco ouvre la voie à une candidature surprise

Buenos Aires s'agite. Alors que l'ombre de Milei plane sur l'Argentine, une rumeur prend de l'ampleur : Axel Kicillof, le gouverneur de la province de Buenos Aires, pourrait envisager une candidature à la présidence en 2027. C'est son ministre de l'Intérieur, Carlos Bianco, qui a semé le trouble, ouvrant la porte à cette possibilité dans une interview explosive.

Une construction politique en cours, mais déjà scrutée

Bianco a été clair : Kicillof est “une référence obligée” pour quiconque cherche à comprendre l’avenir politique du pays. Mais il tempère, insistant sur le fait que 2024 n'est pas l'année des candidatures, il s'agit avant tout d'une “phase de construction politique”. Une façon pudique d'alimenter les spéculations, tout en laissant planer le doute sur les ambitions réelles du gouverneur.

La situation financière de la province, décrite par Bianco comme “extrêmement complexe”, pèse lourd sur les perspectives. Les coupes budgétaires nationales, conjuguées à une chute drastique des recettes – 15 % en glissement annuel – ont laissé la province de Buenos Aires dans une situation délicate. Il évoque même un manque à gagner de 22 milliards de pesos, soit presque le budget annuel de la province. Une somme colossale qui rend la gestion encore plus ardue.

Le ministre n'hésite pas à pointer du doigt la responsabilité du gouvernement national, accusé de “voler aux habitants de Buenos Aires” en stoppant des projets et en retenant des fonds. Des actions en justice ont été engagées devant la Cour suprême, témoignant de la tension palpable entre les deux niveaux de gouvernement.

Un cocktail explosif pour l

Un cocktail explosif pour l'économie provinciale

L'impact de cette crise économique est palpable : plus de 6 000 entreprises ont fermé leurs portes depuis l'arrivée au pouvoir de Milei. Bianco évoque un “cocktail explosif” : ajustement des salaires, baisse de la consommation, ouverture indiscriminée aux importations, appréciation de la monnaie et coûts de l'énergie élevés. Une situation qui asphyxie le tissu productif local.

Face à ces difficultés, Bianco rejette l'idée de revenir à un système de vote papier, estimant que le système actuel est “très transparent”. Il souligne le faible nombre de plaintes enregistrées lors des dernières élections, malgré plus de huit millions de bulletins de vote.

L'avenir dira si Kicillof saisira l'opportunité que lui laisse Bianco. Mais une chose est sûre : le paysage politique argentin est en pleine mutation, et les ambitions provinciales pourraient bien jouer un rôle clé dans les prochaines échéances. Le défi pour Kicillof sera de transformer sa gestion de province en une crédibilité nationale, tout en surmontant les obstacles érigés par le gouvernement central. Un pari risqué, mais potentiellement payant.