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Silence et sélectivité : le monde face à l'impunité

Alors que la condamnation internationale a retenti après l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, une étrange discrétion s'est abattue sur la réponse occidentale face au conflit israélo-iranien. Cette ambivalence soulève des questions profondes sur la cohérence des valeurs internationales.

La justice sélective : un double standard en vue ?

La justice sélective : un double standard en vue ?

Lorsque Vladimir Poutine a lancé son offensive à grande échelle contre l'Ukraine, les cieux d'Europe et au-delà se sont embrasés de protestations. Les dirigeants espéraient que des menaces juridiques pourraient dissuader le Kremlin et mettre fin aux crimes de guerre. Ils ont compris l'importance de qualifier l'agression russe d'acte illégal et d'exiger la responsabilité des coupables. Pourtant, la réaction est remarquablement mesurée face au conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran.

Pedro Sánchez, le président espagnol, s'est distingué par sa condamnation ferme, tandis que la Norvège et d'autres pays ont également souligné la violation du droit international. L'Australie, sous le premier ministre Anthony Albanese, a offert un soutien sans réserve. Friedrich Merz, le chancelier allemand, a opté pour la prudence, estimant qu'il n'était pas le moment de donner des leçons à ses partenaires.

La situation en Iran, avec plus de 1 000 civils tués, dont au moins 175 enfants dans une attaque contre une école pour filles dont la responsabilité pointerait vers les États-Unis, exacerbe cette tension. Les violations flagrantes des lois de la guerre, délibérées ou non, constituent des crimes de guerre. Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré que « aucun quartier ne sera accordé à l'ennemi », ce qui constitue une violation du droit humanitaire international.

Les frappes israéliennes au Liban, en représailles aux attaques du Hezbollah soutenant l'Iran, sont au minimum disproportionnées, comme l'a suggéré Katja Kallas, la chef de la diplomatie européenne. Des milliers de personnes ont été déplacées et des infrastructures détruites. La commission d'un crime de guerre américain ne diminue en rien la culpabilité des États-Unis et d'Israël.

Le contraste entre les discours occidentaux sur les normes universelles et leur indignation sélective est frappant. On note la différence saisissante entre la défense passionnée de l'Ukraine et l'indifférence apparente face au génocide au Gaza. Certaines vies semblent plus précieuses que d'autres. Rappelons l'inertie des alliés face aux expéditions américaines contre des navires de trafic de drogue au Caraïbes ou au kidnapping de Nicolas Maduro.

Ces incidents ont érodé la confiance dans le cadre juridique international. Alors que le chancelier Merz interroge désormais sur la limite du droit international, la question n'est pas de rejeter ce cadre, mais de le renforcer. Ceux qui déplorent le déclin de l'ordre juridique international doivent cesser leur complicité dans son érosion. L'absence de réaction forte face à la situation en Iran, comme face à l'Ukraine, ne fait qu'amplifier la perception d'une justice sélective et d'une puissance occidentale en déclin.

Le silence des puissances occidentales face à la dévastation iranienne est une révélation : la Politique internationale est souvent dictée par des intérêts stratégiques, et non par des principes.

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