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Mononucléose : un risque accru de sclérose en plaques révélé

Une étude américaine retentissante met en lumière un lien insoupçonné entre la mononucléose, causée par le virus d'Epstein-Barr (EBV), et le développement de la sclérose en plaques (SEP). Un risque multiplié par trois, selon les conclusions publiées dans Neurology Open Access – une donnée qui, si elle ne prouve pas une causalité directe, ouvre des perspectives inquiétantes sur la prévention de cette maladie neurodégénérative.

Le virus d'epstein-barr : un hôte silencieux

Le virus d'Epstein-Barr, omniprésent dans la population mondiale, est souvent asymptomatique. Il est pourtant responsable de la mononucléose infectieuse, plus communément appelée « maladie du baiser », particulièrement chez les adolescents et jeunes adultes. Pendant des années, l'association entre EBV et SEP a été évoquée, mais les mécanismes restaient flous. La nouvelle étude, menée par une équipe de la clinique Mayo à Rochester, Minnesota, apporte des éléments de preuve substantiels.

Une étude longitudinale sur des milliers de dossiers

Une étude longitudinale sur des milliers de dossiers

Jennifer L. St. Sauver et ses collègues ont analysé les dossiers médicaux de près de 19 000 Américains sur une période de plus de vingt ans. 4 721 individus avaient été diagnostiqués avec la mononucléose, tandis que 14 163 servaient de groupe témoin. Le suivi, en moyenne de six à huit ans pour chaque groupe, a permis de recenser les nouveaux diagnostics de SEP. Après ajustement pour des facteurs de confusion tels que la race, l'origine ethnique, le tabagisme et la présence de comorbidités (diabète, dépression), les résultats sont éloquents : 0,17% des personnes ayant souffert de mononucléose ont développé une SEP, contre seulement 0,07% dans le groupe témoin. Une augmentation relative significative, même si l'incidence absolue reste faible.

Mimétisme moléculaire : une hypothèse en suspens

Mimétisme moléculaire : une hypothèse en suspens

L'étude ne prouve pas que le virus d'Epstein-Barr cause la sclérose en plaques. Cependant, elle renforce l'hypothèse du “mimetisme moléculaire” : le système immunitaire, après avoir été activé par l'EBV, pourrait incorrectement attaquer la myéline, la gaine protectrice des nerfs, déclenchant ainsi la SEP. Il s'agit d'une théorie plausible, mais qui nécessite encore de nombreuses investigations.

Un appel à la recherche préventive

Bien que la majorité des personnes ayant contracté la mononucléose ne développent jamais de problèmes neurologiques, ces résultats soulignent l'urgence de concentrer les efforts de recherche sur des stratégies de prévention de l'infection par le virus d'Epstein-Barr. Les implications sont considérables, car la SEP, bien que rare, survient souvent au cœur de la vie active et entraîne une charge sanitaire et économique importante. Le coût des traitements, couplé à la perte d'autonomie, pèse lourdement sur les individus et les systèmes de santé. Il est temps de comprendre précisément comment l'EBV interagit avec le système immunitaire pour, peut-être, déjouer ses pièges.

Le virus d'Epstein-Barr est loin d'être un simple ennemi de l'adolescence. Il pourrait bien être un acteur insidieux dans le développement d'une maladie complexe et invalidante, exigeant une vigilance accrue et des recherches intensives.