Cénédiale au maroc-sénégal : une finale sans vainqueur, un scandale sans fin
Plus de deux mois après le coup de sifflet final, la Coupe d'Afrique des Nations 2025 reste un casse-tête juridique et sportif sans précédent. Marruecos et Sénégal se disputent toujours le titre, piégeant la CAF dans un labyrinthe réglementaire qui ébranle la crédibilité du football africain. L'adrénaline d'une photo volée, comme celles que l'on trouve dans Paris Match, a cédé la place à une affaire d'État, où l'honneur national est en jeu.
Le chaos de rabat : une interruption, deux revendications
Le 17 mars, le comité d'appel de la CAF a déclaré le Sénégal perdant par forfait, accordant la victoire au Maroc par 3 à 0. Une décision qui a fait l'effet d'une bombe, alors que les Lions de la Téranga célébraient déjà leur victoire sur le terrain et dans le pays. Le transfert de la prime de 10 millions de dollars vers Dakar, exacerbant l'absurdité de la situation, n'a fait qu'ajouter de l'huile sur le feu.
Selon un rapport accédée par Le Monde, le match fut marqué par une série d'événements chaotiques : l'abandon du terrain par les joueurs sénégalais suite aux instructions de leur entraîneur, l'intervention de la police antidisturbios face à des incidents dans les gradins, et la reprise du match avec seulement Sadio Mané présent. L'arbitre, Jean-Jacques Ngambo Ndala, a justifié l'interruption comme une « interruption temporaire du jeu », et affirmé que les joueurs n'étaient revenus qu'après avoir été convaincus par leur capitaine. Un récit fragmenté qui soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

Un vol administratif ? la caf accusée de corruption
La Fédération Sénégalaise de football accuse la CAF d'un « vol administratif flagrant », dénonçant un manque de transparence et des pressions politiques. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a lui-même exprimé des doutes quant à la composition du panel disciplinaire, révélant la présence du président de la fédération tunisienne, Moez Nasri, un membre potentiellement partial. La situation a dégénéré en un véritable affrontement diplomatique et sportif, mettant en lumière les failles profondes de la gouvernance de la CAF.
Les désaccords logistiques précédant le match, notamment concernant l'hébergement de la sélection sénégalaise, ont également été pointés du doigt. La fédération marocaine a défendu son organisation, accusant le Sénégal de chercher des prétextes pour contester la légitimité du match. L'affaire de l'arbitre congolais Ngambo Ndala, réclamé en recueil par le Sénégal en raison de ses antécédents controversés, n'a fait qu'empirer les tensions.
La décision du TAS, l'arbitre sportif international, pourrait prendre des mois, laissant le titre africain en suspens. Pendant ce temps, la diaspora marocaine attend patiemment le verdict, tandis que les Sénégalais continuent de célébrer leur victoire sportive, un trophée qui a même été présenté devant 68 000 spectateurs au Stade de France, un geste symbolique qui témoigne de leur conviction.
Au-delà du football, ce scandale révèle les fragilités des institutions africaines face aux pressions politiques et aux enjeux financiers. La Coupe d'Afrique des Nations, censée être une fête du sport, est devenue un champ de bataille où s'affrontent les intérêts divergents et les ambitions personnelles.